Je ne laisse pas tomber l'autre (je doit recopier le 4è chapitre sur l'ordi)
C'est totalement différent...c'est de la science fiction!
voila ...
Renaissances
La luminosité m’empêcha d’ouvrir les yeux. Lorsque je parvins à percevoir ce qu’il y avait autour de moi, je compris. Mon souhait de me réveiller dans à l’extérieur ne s’était toujours pas réalisé. Je ne supportais plus cet endroit. Les larmes m’en montaient aux yeux. J’essayer de me les frotter en espérant changer de lieu, mais rien n’y faisais. Toujours ces quatre même murs foudroyant de blancheur et ce lit acculé entre deux. Avec la porte, ils étaient les seuls à dénoter dans cette blancheur exaspérante. J’insupportais cette absence de couleur, de chaleur. Tout était stérilisé, sans vie. Le seul moyen mis à ma disposition pour colorer mes pensées était la bibliothèque. Hormis ce petit plaisir - dont j’abusais autant que possible - ma vie était cyclique et décolorée. Se lever, se laver, manger, aller faire les tests, manger, aller faire les tests, manger et se coucher ! Dix neuf ans, sept mois et vingt-trois jours que j’étais enfermé. Depuis ma naissance en fait. Et c’était pareil chaque jour depuis aussi longtemps que je puisse me rappeler. Je connaissais par cœur la quasi-totalité des livres de la bibliothèque. Des temps éteints jusqu’à la renaissance et en passant par la guerre de la fin. Mais je ne savais rien du monde, là-bas, à l’extérieur. Ce que l’on appelle le soleil par exemple. Je savais que c’était l’étoile de notre système solaire, que la terre était en rotation autour de lui et toutes les choses que j’avais pu apprendre dans mes précieux bouquins. Mais moi, ce que je voulais, c’étais savoir à quoi il ressemblait…en vrai. Le voir de mes propres yeux. Le sentir, car on disait qu’il était chaud. L’admirer à m’en bruler les rétines. Connaitre aussi le vent, la pluie, la neige, avec leurs assortiments de sensations. Les images sur un écran d’ordinateur et les pages cornées des vieux livres ne me suffisaient plus. J’avais besoin de plus que ça, j’avais besoin de sentir la vie de mes propres doigts.
En outre je sentais que cette journée s’annonçait aussi insipide que les autres. Les professeurs ne me parlaient presque jamais. Sauf bien sûr pour me demander ce que je ressentais pendant les tests ou me donner des instructions. Je me sentais seul en fait. Je n’avais personne avec qui discuter, bavarder, parler… Je Sortir de cet endroit s’imposait à moi de plus en plus. Partir loin d’ici et découvrir les choses grandeur réelle. Toute une vie enfermer, c’était trop. Même quand on à rien connus d’autre. Je me le disais depuis très longtemps ceci dit. Et toujours rien.
Décidemment ma prison était aussi psychologique. Suivre les instructions, faire ce qu’on me disait, apprendre, mais ne pas penser par moi-même surtout. Je me sentais pitoyable. Peut-être avais-je peur de sortir finalement. Comment pouvait-on être aussi conscient de sa situation et ne rien faire pour la changer ? Peut-être que j’avais peur de découvrir l’extérieur, la vie des gens normaux. Moi qui n’avais jamais connu que ces murs blancs de désespoir. « Dehors ils ne comprendraient pas, ils auraient peur de toi ». Toujours la même réponse depuis tant années à la requête qui m’était la plus chère : « Quand pourrais-je rencontrer des personnes à l’extérieur ? ». Sur ce point, ils avaient été honnêtes, je dois l’avouer. Ils ne m’avaient presque rien caché sur l’extérieur, hormis ce qu’ils ne m’avaient pas dit. J’étais différent, disaient-ils, unique. Je me sentais étranger, seul. J’avais bien compris depuis, que les gens à l’extérieur n’étaient pas comme moi, mais pourquoi auraient-ils peur ? Ce dilemme me faisait sentir de plus en plus mal. Rester ici sans craintes d’être rejeté ou sortit et faire face au regard des autres. Mais j’étais enfermé et ma liberté de mouvement était pour ainsi dire limitée.
Pour autant, je ne pouvais pas dire que j’étais mal traité ici, mais je ne pouvais pas dire non plus que j’étais considéré…j’étais pour eux un objet d’expériences, de tests, d’analyses, d’interrogations, de calculs.
La sonnerie retentit derrière la porte de ma prison dénudée. Je me levai comme chaque jour et sortis tel un automate. Devant moi s’étirait le long couloir blanc – lui aussi– avec une porte à son extrémité et une autre à quelques pas de la pièce que je venais de quitter. C’était la salle douche. Enfin une autre salle blanche avec une douche, un lavabo et un petit présentoir où étaient disposés, chaque jour, des vêtements d’une couleur très originale… Une fois propre et habillé, je sortis de la salle de bain et me dirigeai vers l’autre porte. Tout cela était désormais un réflexe. D’ailleurs il me fallait en moyenne 13,34 minutes pour effectuer tout ça. En tenant seulement compte des 12 derniers mois - j’avais eu tout le loisir de calculer depuis le temps.
Derrière la porte se trouvaient trois couloirs similaires donnant sur les différentes ailes de l’établissement. A gauche, le laboratoire, où je passais le plus clair de mon temps à vrai dire, à faire des tests de capacité. En face s’étalait un long couloir menant vers le graal - la bibliothèque - où je me rendais lorsque je n’avais aucun test de programmé, mon seul petit plaisir. Et de la droite s’extirpaient des odeurs de nourriture et de viandes grillées que laissaient échapper les cuisines. J’avais souvent rêvé d’être moi aussi une vapeur d’eau.
Pour l’heure je me dirigeai vers le laboratoire. Encore une batterie de tests. Toujours les mêmes d’ailleurs. Le lundi : la motricité ; le mardi : le contrôle électrique nerveux ; le mercredi : la gestion de la mémoire…ils ne changeaient jamais. Les savants ne savent pas faire preuve d’originalité, de ludisme. Et en sortant toujours la même réflexion « marre des tests ». Le soir venu, après les tests du Lundi, je décidai d’aller me détendre à la bibliothèque.
C’est ce soir là que tout a basculé …
Le détecteur à l’entrée de la bibliothèque fit son travail et la porte s’ouvrit devant mes pas. Cette pièce était certainement ma préférée, non pas par l’effort flagrant sur la peinture environnante mais pour les livres. Des dizaines de rayons remplis de vieux ouvrages de l’avant renaissance. Tous plus colorés les uns que les autres et dégageant un parfum empli d’histoire qui leurs était propre. Le silence régnait ici, comme partout ailleurs, mais pour moi, il était différent. Je ressentais et j’entendais l’appel des livres. Une sorte d’énergie, que j’étais seul à percevoir, m’enveloppait lorsque je m’approchais de tel ou tel bouquin.
Pour ce soir là, je décidai de me diriger vers la porte du fond, qui menait aux ordinateurs. Les professeurs utilisaient aussi cette pièce, mais ils se faisaient rares. J’ouvris la porte et m’immisçai lentement dans la grande pièce baignée de lumière. Un coup d’œil rapide autour de moi m’indiqua que j’étais seul. Soulagé et excité, je me dirigeai vers l’ordinateur au fond la pièce que je m’étais en quelque sorte approprié depuis quelques mois. J’avais découvert récemment l’existence d’un réseau, en fouillant dans les entrailles informatiques. Depuis je concentrais mes effort pour contourner les barrières et enfin pouvoir y accéder. J’avais mis au point un programme, fonctionnant sur un algorithme répartit. Dès lors chaque jour, je tentais de percer à jour cette protection. Les informations défilaient devant mes yeux et je me concentrais pour trouver la moindre faille. Soudain, je la vit. Elle était là, devant mes yeux. Comment n’avais-je pas pu y penser plus tôt. Je retranscris au programme la faille aperçût et il fit le reste. Mon cœur s’accéléra et je sentis mes mains s’humidifier sur ma souris. « Connexion au Réseau Inférieur de Communication Numérique effectuée ». Ces quelques mots provoquèrent en moi la naissance d’une vague de chaleur assortit d’une envie de sauter et de crier. Serait-ce cela la joie ? Même si cette découverte ne m’apportait rien, j’éprouvais de la fierté à avoir craqué le système.
Un nouveau monde s’ouvrait à moi. Dans les heures qui suivirent, je découvris que le RICN était un réseau permettant de consulter des sortes de livres numériques édités par des personnes du monde extérieur. J’y appris quantité de chose. Comme, par exemple que les personnes avant la guerre de la fin avaient déjà accès à ce réseau, qu’ils nommaient « Internet » ou « la toile » ou encore par d’autres noms. Le RICN était une source d’information intarissable. J’avais pu y découvrir le monde extérieur tel qu’il était maintenant, et non pas comme sur mes vieux livres, comme il était avant la guerre. J’avais accès aux informations journalistiques quotidiennes. Ce qu’il se passait à l’extérieur. J’avais même découvert un « site », pour reprendre les appellations d’avant guerre, avec une mise à jour toutes les heures, des informations. C’était incroyable. Le temps passa à une vitesse foudroyante et je dû me résigner à retourner dans ma prison monotone, loin de ce nouveau monde de couleurs. Je quittais la bibliothèque encore plus morose que les jours précédents. Ma chambre m’accueillit glacialement et je me glissai dans les couvertures froides avec l’envie d’avancer le temps jusqu’au lendemain soir. Les jours suivant se montrèrent de plus en plus similaires et désespérants, alors que mes soirées me délectaient et faisaient naitre une joie inconnue jusqu’alors. La quantité d’informations disponible était surprenante.
J’appris tout sur les différentes cultures précédentes à la renaissance et sur la guerre. J’en connaissais l’existence, mais pas le détail. Cette guerre avait commencée entre deux pays, les Etats-Unis d’Amérique et la Corée du Nord. Après une année où les troupes américaines firent massacrer en Corée, le monde se souleva face à une menace nucléaire de la part du gouvernement coréen. S’en suivit une guerre mondiale opposant ce pays asiatique qui possédait la plus importante armée du monde et la chine, qui s’alia à eux, contre le reste du monde. Les mois passèrent, plus meurtriers les uns que les autres, au moment où la folie des hommes les conduisit à un cataclysme nucléaire qui extermina 99,9% de la population, une grande partie dû aux radiations qui suivirent. Seuls les plus grand savants et chefs d’Etats avaient trouvés refuge dans des abris antiatomiques qui se transformèrent en véritables villes durant les centaines d’années que le reliquat d’humanité passa sous terre. Des champs furent créés dans des laboratoires sous-terrain, des animaux clonés sur des simples bases d’ADN, pour permettre de nourrir les survivants durant toutes ces décennies.
Le retour à la surface fut appelé Renaissance et les années compté à partir de ce point de l’histoire. Je dévorais les moindres pages internet que je trouvais. Tous ce savoir répertorié était pour moi comme le saint graal pour les chevaliers de la table ronde.
***
Je me connectai depuis comme chaque jour, au site d’information pour connaître les évènements récents. Quelques jours après ma découverte, je cliquai sur « aujourd’hui » et la page qui suivit me laissa bouche bée. C’était moi !
Enfin non... ce n’était pas moi. Mais cet homme sur la photo illustrant un article scientifique, me ressemblait comme deux goutes d’eau. J’étais sous le choc. Je ne savais plus quoi penser. Qui était-ce et comment pouvait-il me ressembler autant ? Je ne savais plus quoi penser. Ce fit la goutte d’eau qui fit déborder le vase ! J’appuyai sur « imprimer » et fonçai vers l’entrée de la pièce où se situais l’imprimante. Je lui arrachai la page encore chaude avant de continuer mon chemin qui se termina dans chambre. Il fallait que je sorte d’ici. Une petite mise au point s’imposait. Me précipiter équivaudrai à me faire prendre. J’allais donc temporiser et réfléchir au meilleur moyen de sortir d’ici. Depuis le temps que j’étais enfermé ici, en prendre un peu plus pour en sortir était plus intelligent. Je me mis à répertorier les opportunités qui s’offraient à moi.
Ma mémoire me permettant de retrouver des informations sur des choses seulement aperçut dans un passé lointain, je ne devrais pas avoir trop de mal. La cuisine n’était accessible, tout comme la bibliothèque, que par le couloir venant du laboratoire. A force de rester tard à la bibliothèque, j’avais croisé de nombreuses fois, les cuisiniers quitter leur lieu de travail après le service du soir, alors que je retournais à ma chambre. Ils se rendaient en direction du laboratoire. La salle des ordinateurs n’était accessible que par la porte de la bibliothèque, elle-même ayant son unique porte sur le couloir principal. Le laboratoire était donc le seul endroit par lequel on pouvait accéder à ma prison. A l’intérieur de celui-ci une sale d’examen, une salle de test ainsi qu’une porte à code d’accès. Je ne l’avais vu utiliser, durant mes tests, que par les professeurs. Avoir le code ne devrait pas me poser de problème. J’avais appris par moi-même des choses dont ils ne me pensaient pas capable…
Le lendemain, je m’occuperai d’obtenir ce code pendant le test de contrôle électrique nerveux. Je mettrai ensuite la première partie de mon plan à exécution pendant la nuit. Pour l’heure l’excitation et le stress faisant, je me laissai envelopper dans les méandres d’une nuit agitée.
