Renaissances

Renaissances

Messagede Erùvë le 06 Déc 2008, 18:22

En réponse à ton mail...voici le début d'un nouveau récit...
Je ne laisse pas tomber l'autre (je doit recopier le 4è chapitre sur l'ordi)
C'est totalement différent...c'est de la science fiction!
voila ... ;)


Renaissances


La luminosité m’empêcha d’ouvrir les yeux. Lorsque je parvins à percevoir ce qu’il y avait autour de moi, je compris. Mon souhait de me réveiller dans à l’extérieur ne s’était toujours pas réalisé. Je ne supportais plus cet endroit. Les larmes m’en montaient aux yeux. J’essayer de me les frotter en espérant changer de lieu, mais rien n’y faisais. Toujours ces quatre même murs foudroyant de blancheur et ce lit acculé entre deux. Avec la porte, ils étaient les seuls à dénoter dans cette blancheur exaspérante. J’insupportais cette absence de couleur, de chaleur. Tout était stérilisé, sans vie. Le seul moyen mis à ma disposition pour colorer mes pensées était la bibliothèque. Hormis ce petit plaisir - dont j’abusais autant que possible - ma vie était cyclique et décolorée. Se lever, se laver, manger, aller faire les tests, manger, aller faire les tests, manger et se coucher ! Dix neuf ans, sept mois et vingt-trois jours que j’étais enfermé. Depuis ma naissance en fait. Et c’était pareil chaque jour depuis aussi longtemps que je puisse me rappeler. Je connaissais par cœur la quasi-totalité des livres de la bibliothèque. Des temps éteints jusqu’à la renaissance et en passant par la guerre de la fin. Mais je ne savais rien du monde, là-bas, à l’extérieur. Ce que l’on appelle le soleil par exemple. Je savais que c’était l’étoile de notre système solaire, que la terre était en rotation autour de lui et toutes les choses que j’avais pu apprendre dans mes précieux bouquins. Mais moi, ce que je voulais, c’étais savoir à quoi il ressemblait…en vrai. Le voir de mes propres yeux. Le sentir, car on disait qu’il était chaud. L’admirer à m’en bruler les rétines. Connaitre aussi le vent, la pluie, la neige, avec leurs assortiments de sensations. Les images sur un écran d’ordinateur et les pages cornées des vieux livres ne me suffisaient plus. J’avais besoin de plus que ça, j’avais besoin de sentir la vie de mes propres doigts.

En outre je sentais que cette journée s’annonçait aussi insipide que les autres. Les professeurs ne me parlaient presque jamais. Sauf bien sûr pour me demander ce que je ressentais pendant les tests ou me donner des instructions. Je me sentais seul en fait. Je n’avais personne avec qui discuter, bavarder, parler… Je Sortir de cet endroit s’imposait à moi de plus en plus. Partir loin d’ici et découvrir les choses grandeur réelle. Toute une vie enfermer, c’était trop. Même quand on à rien connus d’autre. Je me le disais depuis très longtemps ceci dit. Et toujours rien.

Décidemment ma prison était aussi psychologique. Suivre les instructions, faire ce qu’on me disait, apprendre, mais ne pas penser par moi-même surtout. Je me sentais pitoyable. Peut-être avais-je peur de sortir finalement. Comment pouvait-on être aussi conscient de sa situation et ne rien faire pour la changer ? Peut-être que j’avais peur de découvrir l’extérieur, la vie des gens normaux. Moi qui n’avais jamais connu que ces murs blancs de désespoir. « Dehors ils ne comprendraient pas, ils auraient peur de toi ». Toujours la même réponse depuis tant années à la requête qui m’était la plus chère : « Quand pourrais-je rencontrer des personnes à l’extérieur ? ». Sur ce point, ils avaient été honnêtes, je dois l’avouer. Ils ne m’avaient presque rien caché sur l’extérieur, hormis ce qu’ils ne m’avaient pas dit. J’étais différent, disaient-ils, unique. Je me sentais étranger, seul. J’avais bien compris depuis, que les gens à l’extérieur n’étaient pas comme moi, mais pourquoi auraient-ils peur ? Ce dilemme me faisait sentir de plus en plus mal. Rester ici sans craintes d’être rejeté ou sortit et faire face au regard des autres. Mais j’étais enfermé et ma liberté de mouvement était pour ainsi dire limitée.

Pour autant, je ne pouvais pas dire que j’étais mal traité ici, mais je ne pouvais pas dire non plus que j’étais considéré…j’étais pour eux un objet d’expériences, de tests, d’analyses, d’interrogations, de calculs.

La sonnerie retentit derrière la porte de ma prison dénudée. Je me levai comme chaque jour et sortis tel un automate. Devant moi s’étirait le long couloir blanc – lui aussi– avec une porte à son extrémité et une autre à quelques pas de la pièce que je venais de quitter. C’était la salle douche. Enfin une autre salle blanche avec une douche, un lavabo et un petit présentoir où étaient disposés, chaque jour, des vêtements d’une couleur très originale… Une fois propre et habillé, je sortis de la salle de bain et me dirigeai vers l’autre porte. Tout cela était désormais un réflexe. D’ailleurs il me fallait en moyenne 13,34 minutes pour effectuer tout ça. En tenant seulement compte des 12 derniers mois - j’avais eu tout le loisir de calculer depuis le temps.

Derrière la porte se trouvaient trois couloirs similaires donnant sur les différentes ailes de l’établissement. A gauche, le laboratoire, où je passais le plus clair de mon temps à vrai dire, à faire des tests de capacité. En face s’étalait un long couloir menant vers le graal - la bibliothèque - où je me rendais lorsque je n’avais aucun test de programmé, mon seul petit plaisir. Et de la droite s’extirpaient des odeurs de nourriture et de viandes grillées que laissaient échapper les cuisines. J’avais souvent rêvé d’être moi aussi une vapeur d’eau.

Pour l’heure je me dirigeai vers le laboratoire. Encore une batterie de tests. Toujours les mêmes d’ailleurs. Le lundi : la motricité ; le mardi : le contrôle électrique nerveux ; le mercredi : la gestion de la mémoire…ils ne changeaient jamais. Les savants ne savent pas faire preuve d’originalité, de ludisme. Et en sortant toujours la même réflexion « marre des tests ». Le soir venu, après les tests du Lundi, je décidai d’aller me détendre à la bibliothèque.

C’est ce soir là que tout a basculé …
Le détecteur à l’entrée de la bibliothèque fit son travail et la porte s’ouvrit devant mes pas. Cette pièce était certainement ma préférée, non pas par l’effort flagrant sur la peinture environnante mais pour les livres. Des dizaines de rayons remplis de vieux ouvrages de l’avant renaissance. Tous plus colorés les uns que les autres et dégageant un parfum empli d’histoire qui leurs était propre. Le silence régnait ici, comme partout ailleurs, mais pour moi, il était différent. Je ressentais et j’entendais l’appel des livres. Une sorte d’énergie, que j’étais seul à percevoir, m’enveloppait lorsque je m’approchais de tel ou tel bouquin.

Pour ce soir là, je décidai de me diriger vers la porte du fond, qui menait aux ordinateurs. Les professeurs utilisaient aussi cette pièce, mais ils se faisaient rares. J’ouvris la porte et m’immisçai lentement dans la grande pièce baignée de lumière. Un coup d’œil rapide autour de moi m’indiqua que j’étais seul. Soulagé et excité, je me dirigeai vers l’ordinateur au fond la pièce que je m’étais en quelque sorte approprié depuis quelques mois. J’avais découvert récemment l’existence d’un réseau, en fouillant dans les entrailles informatiques. Depuis je concentrais mes effort pour contourner les barrières et enfin pouvoir y accéder. J’avais mis au point un programme, fonctionnant sur un algorithme répartit. Dès lors chaque jour, je tentais de percer à jour cette protection. Les informations défilaient devant mes yeux et je me concentrais pour trouver la moindre faille. Soudain, je la vit. Elle était là, devant mes yeux. Comment n’avais-je pas pu y penser plus tôt. Je retranscris au programme la faille aperçût et il fit le reste. Mon cœur s’accéléra et je sentis mes mains s’humidifier sur ma souris. « Connexion au Réseau Inférieur de Communication Numérique effectuée ». Ces quelques mots provoquèrent en moi la naissance d’une vague de chaleur assortit d’une envie de sauter et de crier. Serait-ce cela la joie ? Même si cette découverte ne m’apportait rien, j’éprouvais de la fierté à avoir craqué le système.

Un nouveau monde s’ouvrait à moi. Dans les heures qui suivirent, je découvris que le RICN était un réseau permettant de consulter des sortes de livres numériques édités par des personnes du monde extérieur. J’y appris quantité de chose. Comme, par exemple que les personnes avant la guerre de la fin avaient déjà accès à ce réseau, qu’ils nommaient « Internet » ou « la toile » ou encore par d’autres noms. Le RICN était une source d’information intarissable. J’avais pu y découvrir le monde extérieur tel qu’il était maintenant, et non pas comme sur mes vieux livres, comme il était avant la guerre. J’avais accès aux informations journalistiques quotidiennes. Ce qu’il se passait à l’extérieur. J’avais même découvert un « site », pour reprendre les appellations d’avant guerre, avec une mise à jour toutes les heures, des informations. C’était incroyable. Le temps passa à une vitesse foudroyante et je dû me résigner à retourner dans ma prison monotone, loin de ce nouveau monde de couleurs. Je quittais la bibliothèque encore plus morose que les jours précédents. Ma chambre m’accueillit glacialement et je me glissai dans les couvertures froides avec l’envie d’avancer le temps jusqu’au lendemain soir. Les jours suivant se montrèrent de plus en plus similaires et désespérants, alors que mes soirées me délectaient et faisaient naitre une joie inconnue jusqu’alors. La quantité d’informations disponible était surprenante.

J’appris tout sur les différentes cultures précédentes à la renaissance et sur la guerre. J’en connaissais l’existence, mais pas le détail. Cette guerre avait commencée entre deux pays, les Etats-Unis d’Amérique et la Corée du Nord. Après une année où les troupes américaines firent massacrer en Corée, le monde se souleva face à une menace nucléaire de la part du gouvernement coréen. S’en suivit une guerre mondiale opposant ce pays asiatique qui possédait la plus importante armée du monde et la chine, qui s’alia à eux, contre le reste du monde. Les mois passèrent, plus meurtriers les uns que les autres, au moment où la folie des hommes les conduisit à un cataclysme nucléaire qui extermina 99,9% de la population, une grande partie dû aux radiations qui suivirent. Seuls les plus grand savants et chefs d’Etats avaient trouvés refuge dans des abris antiatomiques qui se transformèrent en véritables villes durant les centaines d’années que le reliquat d’humanité passa sous terre. Des champs furent créés dans des laboratoires sous-terrain, des animaux clonés sur des simples bases d’ADN, pour permettre de nourrir les survivants durant toutes ces décennies.

Le retour à la surface fut appelé Renaissance et les années compté à partir de ce point de l’histoire. Je dévorais les moindres pages internet que je trouvais. Tous ce savoir répertorié était pour moi comme le saint graal pour les chevaliers de la table ronde.

***

Je me connectai depuis comme chaque jour, au site d’information pour connaître les évènements récents. Quelques jours après ma découverte, je cliquai sur « aujourd’hui » et la page qui suivit me laissa bouche bée. C’était moi !
Enfin non... ce n’était pas moi. Mais cet homme sur la photo illustrant un article scientifique, me ressemblait comme deux goutes d’eau. J’étais sous le choc. Je ne savais plus quoi penser. Qui était-ce et comment pouvait-il me ressembler autant ? Je ne savais plus quoi penser. Ce fit la goutte d’eau qui fit déborder le vase ! J’appuyai sur « imprimer » et fonçai vers l’entrée de la pièce où se situais l’imprimante. Je lui arrachai la page encore chaude avant de continuer mon chemin qui se termina dans chambre. Il fallait que je sorte d’ici. Une petite mise au point s’imposait. Me précipiter équivaudrai à me faire prendre. J’allais donc temporiser et réfléchir au meilleur moyen de sortir d’ici. Depuis le temps que j’étais enfermé ici, en prendre un peu plus pour en sortir était plus intelligent. Je me mis à répertorier les opportunités qui s’offraient à moi.

Ma mémoire me permettant de retrouver des informations sur des choses seulement aperçut dans un passé lointain, je ne devrais pas avoir trop de mal. La cuisine n’était accessible, tout comme la bibliothèque, que par le couloir venant du laboratoire. A force de rester tard à la bibliothèque, j’avais croisé de nombreuses fois, les cuisiniers quitter leur lieu de travail après le service du soir, alors que je retournais à ma chambre. Ils se rendaient en direction du laboratoire. La salle des ordinateurs n’était accessible que par la porte de la bibliothèque, elle-même ayant son unique porte sur le couloir principal. Le laboratoire était donc le seul endroit par lequel on pouvait accéder à ma prison. A l’intérieur de celui-ci une sale d’examen, une salle de test ainsi qu’une porte à code d’accès. Je ne l’avais vu utiliser, durant mes tests, que par les professeurs. Avoir le code ne devrait pas me poser de problème. J’avais appris par moi-même des choses dont ils ne me pensaient pas capable…

Le lendemain, je m’occuperai d’obtenir ce code pendant le test de contrôle électrique nerveux. Je mettrai ensuite la première partie de mon plan à exécution pendant la nuit. Pour l’heure l’excitation et le stress faisant, je me laissai envelopper dans les méandres d’une nuit agitée.
Dernière édition par Erùvë le 11 Déc 2008, 22:15, édité 2 fois.
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Re: Renaissances

Messagede cambeste le 06 Déc 2008, 20:27

Merci de ta confiance, elle me va droit au coeur.

Ca fait plaisir de se rendre compte qu'il y a encore des gens de valeurs et non pas que des gens qui jugent suivant un son unique de cloche. (cloche ici signifiant la cloche qui fait ding dong, pour le cas où des lecteurs "espions" prendraient le mot dans le sens "insultant").


Comme le dit le titre de NOTRE forum, il s'agit ici d'écrire pour PARTAGER, DIALOGUER & APPRENDRE, parce que tous, sans exception nous avons à apprendre des uns et des autres.
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Re: Renaissances

Messagede Davidartiste le 07 Déc 2008, 13:30

Coucou Eruve, dis moi, j'ai vu que tu avais posté une histoire de fantasy, maintenant je vois que tu commences celle-ci en parallèle, des deux, sur laquelle préfères tu un avis ? Veux tu seulement d'un avis d'ailleurs ? Je veux dire une appréciation subjective (un simple "ça me plait", ou "ça ne me plait pas") accompagnée de quelques arguments et conseils.

A mon avis si je peux me rendre utile, ce sera plutot sur ton histoire de fantasy (ne serait-ce que parce qu'en un seul chapitre c'est trop peu pour juger pour moi :lol: ). Cela fait 8 années que j'écris de la fantasy (pas fini ma première histoire ! :oops: mais à l'occasion j'en lâcherai un morceau sur ce fofo), je suis aux environs des 20.000 heures de travail et me faut encore 1 an ou 2 avant de m'en sortir :roll: - tout ceci pour te dire que niveau fantasy je commence à être un minimum calé, sur différentes mythologie etc, par contre je n'en ai presque jamais lue ! (j'ai lu Lancedragon, pas toute l'oeuvre mais sa trilogie phare, dont le premier tome est Dragon d'un Crépuscule d'Automne, et que je ne conseille pas, et le Seigneur des Anneaux je ne l'ai pas encore fini :o ).

Mais je peux poser un simple regard amateur sur ton travail de science fiction si tu préfères, tout dépend du projet qui te tient le plus à coeur. En tout cas pour l'instant il m'est impossible de regarder les deux à la fois, à cause de mon propre bouquin que je dois faire avancer évidemment. :oops:

A bientot !
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Re: Renaissances

Messagede Erùvë le 07 Déc 2008, 22:20

coucou davidartiste

Veux tu seulement d'un avis d'ailleurs ? Je veux dire une appréciation subjective (un simple "ça me plait", ou "ça ne me plait pas") accompagnée de quelques arguments et conseils.

ceci m'iras tout à fait... :mrgreen:

Il n'y en a pas un que je chérisse plus que l'autre. Le "fantasy", j'y suis depuis plus longtemps et le "science fiction", ce sont des idées que j'ai eu récemment. C'était pour moi un besoin que de mettre tout cela sur papier (enfin sur ordi :lol: ). J'aimerais beaucoup avoir ton avis subjectif...commence par la science fiction, c'est plus court...
En ce qui concerne ton roman, j'aimerai beaucoup que tu nous en mettes un petit extrait...

merci encore
salut :D
Erùvë
 
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Re: Renaissances

Messagede Davidartiste le 07 Déc 2008, 22:49

Re coucou ! Peux tu me dire si tu écris simplement pour le plaisir égoiste, pour faire plaisir à qui ton histoire pourrait bien plaire, ou dans le but d'un jour etre édité et de plaire au plus grand nombre (auquel cas la critique sera forcément plus intransigeante) ? Quel regard dois je poser sur ton chapitre au juste ? :)

Bon, je me lance quand même !

De ces premières lignes, je pense que tu as du talent, honnêtement (je n'ai pas l'habitude de flater, je suis assez dur normalement). Attention, du talent, beaucoup en ont. Pour que ça donne un vrai livre, quelque chose de prenant (et pourquoi pas même d'exceptionnel), le talent seul ne suffit pas. Il faut beaucoup beaucoup de temps et d'efforts, qu'il manque encore ici (ton histoire est encore fraiche pour toi même, donc jusque là c'est normal). Mais pour moi il ne t'est pas interdit d'espérer décrocher qq chose si tu y tiens vraiment et que tu travailles beaucoup pour cela.

Le début (Je me réveillais [...] mais je ne pouvais pas dire non plus que j'étais considéré.) :

Il y a un certain rythme que tu imposes, confortable si on considère que le tout n'est encore que le brouillon de ce qui pourrait faire plus tard un vrai roman (un rythme malgré la monotonie décrite, c'est bien). Mais pour moi tu choisis une intro trop classique (qd je parlais d'un peu plus de travail, tu peux commencer par là). La première phrase d'un roman est capitale. Démarrer sur le réveil, c'est trop plat. Le fil conducteur de ton intro, c'est le sentiment de ton héros. Tout est tellement vide autour de lui, qu'il me semble plus judicieux de "cadrer" dès la première phrase sur ses sentiments.

Voici une proposition parmi tant d'autres pour les premières phrases de ton roman :

"Je ne savais plus où poser mon regard ; en chaque direction, la couleur blanche de ma chambre m'insupportait. Seul le lit brisait la monotonie de cette cage exiguë, et vide, maigre soulagement pour ma vue."

Mais même ainsi, il va manquer de quelque chose de palpitant (car tu commences dans une sorte de nulle part, il vaut mieux pimenter tout de suite je crois). Quelque chose dans ce genre peut-être :

Lorsque je commençai à ne plus distinguer mon éveil de mon sommeil, je compris qu'il me fallait m'enfuir à tout prix. Peut-être n'aurais-je jamais dû garder mes yeux fermés jour et nuit, mais depuis longtemps je n'osais plus affronter la blancheur de ma chambre, omniprésente, écrasante, étouffante. Et qui oserait nommer ce lieu "chambre", d'ailleurs ? Il s'agissait davantage d'une cage, d'un vide exigu où on me tenait prisonnier. Hormis la porte, seul le lit brisait la monotonie des lieux, acculé entre deux murs, et nul autre repère ni soulagement ne s'offraient à moi.

Je parlerais aussi davantage de ce blanc, de sa froideur. Il y a des blancs chaleureux, d'autres froids. Je jouerais sans doute d'une comparaison entre la lumière à l'éclat doré de la flamme d'une bougie par rapport à la luminescence blâfarde d'un néon industriel. Je pense que c'est par le blanc que tu pourras faire ressentir à tes lecteurs l'oppression que ressent ton héros.

Enfin je m'attarde un peu sur le début, mais c'est essentiel dans toute oeuvre. Et de la même manière, tu devrais enrichir ta présentation du vide de sa vie, de sa monotonie.

Très bonne idée de parler du soleil, c'est pertinent car on connait tous le soleil, ne pas le connaitre, c'est ce qu'il y a de plus choquant. Très bonne idée également d'évoquer le soleil par d'autres sens que la vue. Rajoutes-en, tu as donné le toucher pour sa chaleur, parle de son odeur qd il réchauffe les surfaces sur lesquelles il se pose, de son bruit lorsqu'il provoque le vent (sans soleil nous n'aurions pas tant de vent, voire aucun vent faudrait que je me renseigne davantage). Le soleil, c'est la vie, sans lui, tout se meurt, si tu fais passer ce message, il semblera évident que ton héros se meurt lui aussi car il n'a aucun soleil.

"Ces professeurs ne me parlaient presque jamais" -> "Les professeurs".
D'une manière générale, réfléchis très souvent entre UN/LE/CE. Exemple, le héros rentre dans un temple. "Je découvris alors (un/le/ce) pilier et ses moultes ornements". Tu peux véhiculer des idées très différentes, suivant ton choix, employer "le" pour un élément qui n'a pas été présenté au lecteur au préalable va lui donner une sensation d'évidence, il n'y a qu'un pilier digne d'être désigné, plus que tout autre, c'est LE pillier, et ça ne peut être que de lui dont on parle quand on dit LE pillier. C'est tellement évident que l'auteur ne l'a pas préalablement présenté au lecteur.

Et de ce fait, le lecteur va s'imaginer que ton monde est réel, car tu lui fais croire qu'il y a des choses évidentes dans ton monde, et ton monde lui même gagne soudain en évidence. Mais bien sûr il ne faut pas utiliser LE à tout bout de champs, sinon l'effet ne marche pas. Mais ici, "LES professeurs" s'impose, on sait que ton héros vit enfermé, s'il dit les professeurs, c'est évident qu'il s'agit de ceux qu'il voit lors des expériences dont il parle juste après, je le dis peut-etre mal, mais tu as du me comprendre :) C'est juste un petit plus qui me passe par la tête et que je te propose. Tu peux tout à fait écrire CES.

"Par contre, je savais comment l'exprimer." Ta phrase n'est pas claire pour moi, dsl ^^



Bon je vois pas mal de chose qui sont mal tournées, mais c'est normal. Je te donne juste un exemple parmi d'autres.
"Je ne pouvais l'expliquer, mais il y avait cette envie, ce besoin viscéral qui me rongeait depuis tant d'années. Sortir d'ici et......"
Une phrase, c'est une idée clé, rarement plus d'une, et surtout JAMAIS moins. Ici, tu as une moitié d'idée d'un coté du point, l'autre moitié ensuite. Il faudrait écrire :
"Je ne pouvais l'expliquer, mais il y avait cette envie, ce besoin viscéral qui me rongeait depuis tant d'années : sortir d'ici et..."
Si tu n'aimes pas les ":" mets une virgule ça passe tout à fait.

Ce sont des erreurs typiques, je me permets de te donner un exemple inventé.

La bête bondissait vers moi en rugissant. Sa vitesse était telle qu'elle interdisait toute fuite ; alors je dégainais l'épée.

Comme la bête bondit et rugit en même temps, et que je ne désire ni développé l'allure de ses bonds (en se ramassant chaque fois sur elle-même ? ses pattes font du bruit ?), ni celle de son cri (rauque ? long ? plutôt comme un croassement ou comme un sifflement ?), je laisse ces deux idées dans une seule phrase. Car l'idée maîtresse de ma phrase est la manière dont la bête vient vers moi. Je veux ensuite parler d'une nouvelle idée maîtresse (= nouvelle phrase) : je ne peux pas fuir ! Ceci étant lié à la vitesse de la bête, je peux dans une seule phrase parler de la vitesse du monstre et du fait que je ne peux pas fuir (deux idées différentes mais liées par l'idée maîtresse que je veux offrir au lecteur). J'ai encore une nouvelle idée maîtresse à montrer, je dégaine l'épée, mais comme cette idée me semble extrêmement liée à la précédente (je ne peux pas fuir DONC je dégaine l'épée), il est aussi pertinent de couper par un point pour démarrer une nouvelle phrase que de mettre une virgule pour poursuivre la phrase en cours... Alors je fais quoi ? Je mets un point, ou une virgule ??? Tadaaaa ! Voilà à quoi sert le ";" que beaucoup de monde hésite à employer faute de comprendre son utilité réelle. Il m'a permis de développer une nouvelle idée maîtresse, mais comme je la trouve vraiment liée à la précédente, au point où il aurait été presque judicieux de ne faire qu'une seule phrase, j'ai mis à la fois un point et une virgule, le fameux ";" point virgule :lol:

Bien sûr, j'aurais pu décider de présenter l'action différement, de hacher mon récit autrement suivant les idées que je voulais exprimer.
La bête rugissait, bondissant vers moi à une vitesse folle. Je n'avais plus d'autre choix que de lui faire face et je dégainais l'épée.
Ici, j'ai deux idées maîtresses : ce que fait la bête, ce que je fais moi. J'ai donc incorporé l'idée de la vitesse de la bête dans la description de sa façon de venir à moi. Cette idée maîtresse forme une première phrase. Puis je cible l'action sur moi (nouvelle idée maîtresse, donc évidemment nouvelle phrase), je n'ai plus d'alternative, alors je dégaine l'épée.

TOUT DEPEND DE CE QU'ON VEUT MONTRER ! Mais c'est ainsi qu'il faut penser chaque phrase :)

note : tu remarqueras que j'aurais pu écrire "alors je dégainais MON épée", j'ai choisi "je dégainais L'épée", car encore une fois il est évident que je ne vais pas dégainer celle de mon compagnon qui, peureux, se cache derrière moi. Il ne faut pas insulter le lecteur ! S'il y a évidence, alors nul besoin de préciser à outrance. Plus on offre de sens inutile à une phrase, et plus le récit s'embourbe.

Incohérence : es-tu sûr que ton héros est "bien formaté" ? Visiblement non, vu les désirs qui l'animent ! Si tu veux parler de formatage (thème fort, aucun humain ne devrait être formaté, c'est bien vu), parles-en, mais dis que le formatage est partiellement échoué vu les désirs de ton héros.



La suite jusqu'à la fin :

Lors de la sortie de la chambre, ton héros a l'air seul, est-ce vraiment le cas ? S'il y a la moindre couleur quelque part (un prof qui s'est fait une tache de sauce tomate pour vulgariser mes propos), il faut absolument que tu en parles car ton héros y serait forcément très sensible. Tout ne peut être uniformément blanc, un prof portera bien une bague ou je ne sais quoi sera coloré.

"Et de la droite émanaient les odeurs de nourritures et de viandes grillées que laissaient échapper les cuisines." L'idée d'échapper est intéressante, n'est ce pas ce dont ton héros rêve, s'échapper ? Tu peux mettre l'accent sur ça aussi, quelque part il rêverait d'être une simple fumée qui s'évade à son bon gré. Mais sinon je voulais parler de comment bien écrire encore une fois. Il faut être précis dans les mots, ne pas en mettre plusieurs quand un seul suffit, et éviter les tournures passives sauf si l'effet est recherché. "A ma droite émanaient les odeurs de nourritures et de viandes grillées, qui s'échappaient des cuisines." (la phrase n'est pas très belle, il faudrait encore la travailler, c'est pour te montrer la tournure active - encore que laisser échapper, c'est actif en réalité). Cela donne toujours un meilleur dynamisme, tandis que le passif alourdit les phrases. Ici, il y a une raison évidente qui t'interdit la tournure que tu as choisi. Ton labo est une prison, ce serait dommage dès lors de dire que les cuisines laissent échapper quelque chose.

Ce qui est lourd également, c'est l'emploi de plusieurs mots quand un seul peut suffir.
Pour carricaturer : "Il trouva une pièce de métal ronde qu'on enfile au doigt." -> "Il trouva une bague."
Ou pour ne pas carricaturer : "Je suis quelqu'un qui préfère satisfaire les besoins d'autrui plutôt que les siens propres." -> "Je suis oblatif."
"j'espérais qu'un grand malheur s'abatte sur lui" -> "je le maudissais".
A éviter également les verbes sans sens précis comme être avoir falloir devoir prendre etc, verbes vraiment usés et porteur de peu de sens. Exemple banal, ton ami vient de remporter un tournoi d'échec : "J'étais content pour lui." -> "Sa victoire me ravissait." ou encore "Je ferai ma propre opinion" -> "Je forgerai ma propre opinion".



"Le détecteur à l'entrée de la bibliothèque [...] devant mes pas." assez lourd. J'imagine que tu veux parler du côté automatique du lieu, encore son âme industrielle, et c'est bien vu. Mais arrange ta phrase :p

Ah ! bien joué les couleurs dans la bibliothèque. C'est ce que j'appelle mettre de la poésie dans son histoire. Le labo dans lequel vit le héros représente le fatalisme de la vie, l'idée que nous sommes tous à notre manière piégés par la vie, nous sommes contraints d'avancer dans un couloir monotone (le temps qui passe nous contraint de vieillir, et la routine et l'ennui nous guettent à chaque instant, il n'est pas facile de donner à sa vie un sens nouveau à chaque jour). La bibliothèque, elle, va représenter justement tout ce qui donne du sens à la vie, ces petits plaisirs qui nous semblent briser la monotonie du quotidien, ces petits rien (ou ces grands tout) qui tout à coup peuvent colorer nos jours les plus ternes.

Cependant, tu n'es pas allé au bout de cette idée. C'est raté pour le silence de la bibliothèque qui fait écho à celui du reste du labo (même si tu essaies de le faire passer comme positif, car, tu as vu juste, c'est parfait d'essayer de faire apprécier au lecteur ta bibliothèque comme le héros l'aime). Pourtant, oui, une bibliothèque c'est normalement silencieux. Cherche, il y a pourtant forcément un bruit à exploiter pour contraster avec le mutisme total du labo ! Craquement de bois qui travaille, un simple tic tac d'horloge, le bruissement du papier qd le héros tourne une page, etc...

Très souvent tu fais des phrases nominales (ou nominatives je sais mm plus le terme, qd il n'y a pas de verbe principal - je ne connais pas les termes pour désigner les aspects de la langue française car je ne m'étais jamais intéressé à la belle écriture, c'est tout juste si je connais la différence entre une comparaison et une métaphore :roll: ). Dans ton récit "parlé", ça passe, sinon il faut (à mon goût) s'en abstenir. Et là d'ailleurs, je trouve qu'il y en a trop, si tu peux en enlever je crois que tu y gagnerais. C'est un style particulier, et comme tout effet de style particulier, il doit être marquant au moment où tu l'utilises, ça perd de son charme s'il y en a de toute part.



A la lecture des dernières lignes, je te dirais ok, l'effet est bon, on commence vraiment à se demander qui nous raconte cette histoire maintenant. Qui est ce héros ? On veut des réponses, on veut une suite.

Oui mais cependant je vois également que tu n'as pas encore pensé vraiment ton histoire. Cette découverte du RICN, voilà qui a déjà brisé la monotonie de ton héros. Hors, tu ne peux plus commencer par parler de la monotonie sans que ton héros dise aussitôt "Depuis peu, je m'ennuyais moins car j'avais trouvé......". C'est d'une logique implacable. Il faut toujours réfléchir à ce qu'on ferait soi-même logiquement à la place de chaque personnage de l'histoire (même les pseudos figurants, même se mettre à la place d'un peuple tout entier, un peuple de fermier sera sûrement désamparé devant l'attaque d'une armée, les fermiers vont-ils se battre ? fuir ? implorer la clémence ? se retourner contre d'autres fermiers pour montrer à leurs ennemis qu'ils ont changé de camps ? tout dépend de la culture choisi à ce peuple de fermiers. Quel est leur passé ? Si ce sont les descendants d'esclaves prisonniers durant maints siècles, ils auront forcément en eux un besoin vital de défendre leur liberté, ça en devient presque génétique, et ceux là ne fuiront pas mais se battront). Pour qu'une histoire inventée semble réelle, tout ce qu'elle a de commun avec notre vrai monde doit être traité de la manière la plus authentique possible !

Voilà pourquoi ton héros aurait du dès les premières lignes parler de la découverte du RICN. S'il parle de sa monotonie, il est obligé d'aussitôt dire que le RICN l'a enfin rompue.

J'imagine que tu veux pourtant démarrer par la monotonie totale. Alors ton histoire doit commencer AVANT la découverte du RICN par le héros. Tu dois montrer au lecteur comment il craque tout à coup le password du pc. Et comment, jour après jour, cette découverte le soulage enfin de sa monotonie, l'excitant de plus en plus, chaque fois qu'il doit quitter le pc et rejoindre sa cellule il a trop hâte d'être au lendemain, jusqu'au jour où il finit par découvrir un site sur lui même, fin du premier chap (ou du second si tu tiens à des chapitres courts, le premier s'arrêtant alors au cracking du password).




Relis ma seconde proposition de début, tu verras qu'elle marcherait assez bien.

Lorsque je commençai à ne plus distinguer mon éveil de mon sommeil, je compris qu'il me fallait m'enfuir à tout prix. Peut-être n'aurais-je jamais dû garder mes yeux fermés jour et nuit, mais depuis longtemps je n'osais plus affronter la blancheur de ma chambre, omniprésente, écrasante, étouffante. Et qui oserait nommer ce lieu "chambre", d'ailleurs ? Il s'agissait davantage d'une cage, d'un vide exigu où on me tenait prisonnier. Hormis la porte, seul le lit brisait la monotonie des lieux, acculé entre deux murs, et nul autre repère ni soulagement ne s'offraient à moi.

Déjà, je ne parle pas de la porte de la chambre pour rien, qui est absente de ton introduction (une simple omission narative ? mais ne voulais-tu pas véhiculer l'idée que ce lieu est insupportablement vide, et dès lors le mieux pour cela c'est de dire TOUT ce qui ne le rend pas vide, et de montrer que ça se résume à si peu de choses). Je suis entré dans la chambre de ton héros, et j'ai regardé. J'ai remarqué qu'il ne pouvait pas y avoir que le lit qui ressortait, mais aussi quelques ombres dans les coins, un néon (ou une lampe, moi je voyais un néon), et bien sûr, UNE PORTE ! Et le héros dit bien qu'il comprend enfin qu'il doit s'enfuir à tout prix. Tu installes d'emblée ce qu'on appelle l'horizon du récit, ce que le lecteur veut aller voir en continuant de lire, car il devine naturellement qu'il va y avoir une fuite, une sortie de la prison, mais se demande "comment ?". Et de manière logique, on comprend que ton héros va fournir un effort particulier à craquer le password du pc, car là il est très clairement énoncé qu'il n'en peut plus de sa routine.




Voilà ! Je ne t'ai pas tout dit, je t'ai donné quelques éléments au fil de ma lecture, ceux que je pensais les plus intéressants, mais en réalité je pourrais t'écrire un roman entier pour te parler du comment bien écrire et du comment bien penser son histoire XD

Je le répète, pour moi c'est une ébauche digne, tu es en droit d'espérer un jour aboutir à une grosse histoire comme on en voit peu, avec l'acharnement il n'y a pas de raison que tu n'y arrives pas. Tu as déjà l'intelligence du conteur, mais ça n'est JAMAIS suffisant pour accoucher d'un vrai bijou, seul l'endurance et la persistance permettent de vraiment se détacher du lot.

J'espère ne pas avoir été trop long - au final la critique est plus longue que le chapitre, je vais nuire à ton topic si tu veux poster la suite ici !!! -, bon courage pour la suite, ça m'a donné envie de jeter un oeil à ton oeuvre de fantasy (le genre que je préfère et de loin).

Davidartiste

P.S. : Dans ma présentation sur ce forum (http://www.e-crivons.org/viewtopic.php?f=29&t=52&p=75#p75), j'ai sans doute glissé quelques notions importantes à avoir en tête lorsqu'on se tente à écrire un "grand roman" (c'est ma prétention en tout cas :mrgreen: ), certains aspects à ne pas oublier pendant la création de l'histoire, à savoir :
1) authentisme et cohérence générale
2) richesse du monde en général, sur son passé, son présent, et parfois même son avenir
3) qualité de l'aventure en elle-même
- empreinte ou non de poésie et de symboles, de débat de la plus haute importance (comme traiter de la condition féminine par le biais d'un personnage clé, ou de l'écologie comme Tolkien le fit avec Saroumane l'industriel et les Ents, bras armé de la Nature), scénario riche en rebondissements et autres choses inédites, pour offrir au lecteur plus qu'une copie de divers oeuvres mélangées
4) qualité d'écriture

Ce sont les quatre piliers sur lesquels un roman doit se fonder pour être complet et excellent.


P.P.S (car je n'arrive jamais à m'arrêter d'écrire lol !) : en même temps tu l'as cherché mon pavé ! :lol: Heureusement que tu m'as conseillé de commencer par rédiger la critique de ta SF car ça serait plus court !(rédiger, et non faire, car faire appartient aux verbes à sens vague comme je le disais - "appartenir" et non "faire partie" puisque faire ........ :mrgreen: )

J'espère que ce post t'aidera, toi, et tous ceux qui pourrait ne pas avoir conscience de certaines choses que je viens de mettre ici en évidence. J'espère surtout ne pas avoir été trop ennuyeux. :oops:
Dernière édition par Davidartiste le 08 Déc 2008, 14:36, édité 4 fois.
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Re: Renaissances

Messagede Erùvë le 08 Déc 2008, 09:25

Tout d'abord merci davidartiste!!

Je n'ai pas trouvé ton pavé ( :mrgreen: ) trop long mais plutôt extrêmement instructif!!!
merci pour touts ces précieux conseil et surtout merci d'avoir donner de ton temps pour rédiger tout ça!
J'ai du travail apparemment, il va falloir que je m'y mette!
j'éditerai lorsque j'aurai modifié ce chapitre, je t'enverrai un message pour que tu me dises ce que tu en pense... :?
merci encore et à bientôt!!
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Re: Renaissances

Messagede Davidartiste le 08 Déc 2008, 14:18

J'imagine que tu as répondu en coup de vent ce matin, si jamais t'avais cours ou autre. Tu n'as pas répondu aux questions posées au tout début du pavé ! (et ça m'interesserait fort que tu le fasses ! ;) )

J'ai du travail apparemment, il va falloir que je m'y mette!


Tout dépend justement des réponses que tu ne m'as pas encore données ! Si tu écris sans autre prétention que de te faire plaisir, et d'offrir un plaisir gratuit à quelques personnes qui pourraient passer avec ton histoire un moment plus ou moins agréable (les goûts et les couleurs), tu y es tout à fait là ! Gratuitement offert, on va pas se montrer très exigent et très vorace non plus ?

Mais si tu veux être édité, pour l'instant on voit que c'est encore TON livre et non pas UN livre :| Enfin, c'est mon ressenti :mrgreen: Je sais que ça peut surprendre, il y a 5 ans lors de mes premiers posts sur internet, j'avais comme intention de devenir professionel un jour et je savais que je n'en étais pas là. Alors j'ai posté des extraits pour qu'on m'aide à avancer. Mais je ne m'attendais pas à me faire tailler en pièce comme cela était le cas au tout départ ! :oops: Ca m'a permis de beaucoup avancer en tout cas.

Car en réalité, tu connais TON livre, tu vois clairement ce que chaque phrase est censée évoquer, mais c'est là que, doué ou pas, intelligent ou pas, il faut une longue pratique, un long cheminement, avant de savoir s'exprimer de manière à ce que nimporte quel lecteur comprenne la valeur, le sens, le but, de chacun de tes mots, et que ça devienne UNE histoire.

C'est comme si dans ton chapitre, tu disais une fois que le héros se sentait seul, dans une phrase succincte, et toi comme tu sais que ton héros souffre de cette solitude, tout du long du chapitre tu n'éprouves plus le besoin de la rappeler (d'une manière évidente, ou subtile). Le héros rencontre qq1 et est très heureux, toi tu vas trouver ça cohérent, le lecteur qui a oublié la solitude ne ressentira pas le même impact à cette rencontre. :ugeek:

Dernier exemple, tu ressens sans doute l'oppression que vit ton héros, mais le lecteur n'est pas encore tout à fait dedans. Et c'est pour ça que je t'ai écrit :

Je pense que c'est par le blanc que tu pourras faire ressentir à tes lecteurs l'oppression que ressent ton héros.


Tu dois trouver les chemins te permettant d'imposer ta pensée, ta vision, à tes lecteurs, et là je te propose un chemin ;)

Je préfère être clair pour m'assurer que mes mots ne te choquent pas comme j'étais choqué il y a 5ans, je ne te trouve pas nul, même si je parle d'une montagne de travail qui t'attend, à d'autres j'aurais tout simplement éviter de leur parler de travail peut-être :mrgreen: Non, personne ne doit être condamné, pas de fatalisme, mais avec autant de soin que tu penses en avoir apporté à ce chapitre, qq1 d'autre aurait sans doute fait bien en dessous !

Alors courage ! :lol:
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Re: Renaissances

Messagede Erùvë le 08 Déc 2008, 14:55

Merci beaucoup et excuse moi de ne pas t'avoir répondu ce matin...

Je suis en effet dans la même optique que la tienne, à tes débuts. J'aimerais publier ce que j'écrit, même si je sais pertinemment que le chemin est long et qu'il me faudra fournir beaucoup de travail : "Rome ne s'est pas construite en un jour !!". :D
J'écris actuellement quand j'en ai le temps...
J'ai une histoire dans la tête qui va bien plus loin que ces murs blanc et j'espère trouver les mots pour la retranscrire a quelques hypothétiques lecteur... :oops:
Ceci dit, je te suis vraiment reconnaissant de l'aide que tu m'apporte, elle m'est très précieuse et je tacherais de suivre tes conseil au plus près.

merci encore ! bonne journée et à bientôt :lol:
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Re: Renaissances

Messagede Davidartiste le 08 Déc 2008, 16:50

Juste un autre conseil qui me passe par la tête. Je suis en train d'écrire mon roman là et j'étais sur une phrase du genre :

Eruvë n'avait jamais douté que Davidartiste puisse comprendre ses choix.

Le verbe pouvoir (comme devoir et falloir) est à éviter mais pas à proscrire, car bien souvent aucun autre verbe ne peuvent les remplacer sans rendre la tournure des phrases très étrange. Cependant j'ai opté pour cette tournure.

Eruvë n'avait jamais douté des facultés de Davidartiste à comprendre ses choix.

Ceci m'a rappelé un autre principe qu'il faut garder en tête lors de l'écriture. Je parlais de sens d'une phrase, d'idée maîtresse, et autant que possible, il faut réserver l'usage des verbes pour servir l'idée maîtresse de chaque phrase. L'idée de ma phrase c'est que PERSO1 n'a jamais douté de PERSO2, "puisse comprendre" amène donc des verbes qui ne servent pas l'idée maîtresse, et autant que possible, il faut les contourner. Un verbe, c'est une action en quelques sortes, il ne faut pas brouiller l'action principale d'actions secondaires, d'où le bien fait de ne pas inonder son récit de verbes.

Autres exemples :

Il déclara qu'il repoussait son travail au lendemain.
Il déclara son travail repoussé au lendemain.
Il s'imaginait à quoi pouvait ressembler le costume.
Il s'imaginait l'allure du costume.

Voilà, pour l'instant j'écris ici les quelques réflexions que j'ai au sujet du bien écrire, mais il faudra que j'ouvre un autre topic en fait pour les y regrouper, si elles vous semblent pertinentes.


PS : Si on considère qu'en moyenne il y a 300 mots par page d'un livre format classique (350 il me semble), ton chapitre un fait... 4 pages ! J'ai remarqué cette même tendance sur ton oeuvre de fantasy, comme j'ai très peu lu j'ignore à quel point ça peut être trop court ou bien adapté. (Mon premier chapitre faisait 45 pages, que j'ai réduit à 37 car dans ce cas là je trouvais ça trop long, en moyenne mes chapitres font 25pages, avec parfois des chapitres plus longs donc comme 40pages, parfois des plus courts de seulement quelques pages, c'est comme du cinéma, il y a des scènes plus longuement développées que d'autres, ce qui donne du dynamisme. Mais j'aime bien l'idée d'une longueur moyenne pour les chapitres qui est respectée à peu près, afin de permettre au lecteur de se dire : ce soir je vais me faire deux chapitres, ça devrait me prendre tant de temps.)

De 15 a 30pages, c'est ce que je croise en général qd je feuillette vite fait un livre.
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Re: Renaissances

Messagede Erùvë le 10 Déc 2008, 18:48

J'ai modifié mon envoi...qu'en penses-tu david :?:
Et toi aussi cambeste bien-sûr!! :D
Merci encore à plus...!
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