L'aujourd'hui.

L'aujourd'hui.

Messagede Memento le 17 Déc 2008, 00:27

Ceci est une photo, avant tout. Un texte s'y est ensuite greffée.
Alors je glisse le tout par ici, ne sachant exactement qu'en faire.


Image


Un crépitement des feuilles, pareil à la pluie, ciel orageux. Les visages tournent et se détournent contre les mots, alors que les toux éclatent en gouttelettes contre le silence, plancher grinçant et tempête lointaine. Les plumes glissent contre les pensées, frémissement, foisonnement.
Soupir et exhalaisons.

Demain est un autre jour, dans le regard lointain des silhouettes, moitié-effacement. L'aujourd'hui fane entre les lèvres sévères et les chevelures-bataille des fous.



L'eau bout, épices et orange. Les versions latines attendent que les regards hagards quittent les dissertations philosophiques. Il n'y a pas de temps pour réfléchir, seulement le crissement de l'encre qui se vide contre les espoirs déçus.
Mais bientôt les mines se briseront contre le froid mordant d'un hiver mérité. Bientôt la neige contre les joues-pomme, le repos sur la paupière au cil de velours. Bientôt, bientôt.
Échec et libération.
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Re: L'aujourd'hui.

Messagede Davidartiste le 17 Déc 2008, 12:31

Coucou :P

J'ai toujours eu du mal avec ce genre de texte :( Ne m'en veux donc pas si je ne le commente pas vraiment !

En fait j'ai plus des questions à poser que des avis à donner.

VERSION 1
Que signifie vraiment ton texte ? Je n'y vois que des idées lancées, comme une vision décousue de quelque chose, j'y suis plutôt hermétique. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il suffit de se faire plaisir à mettre bout à bout des mots qu'on aime et qui s'accordent bien (à leur manière, parfois surprenante) pour obtenir un résultat, mais pour moi il ne reste aucune trace ou presque du cheminement qui à pousser l'auteur dans son écriture.

C'est comme si je traduisais ce précédent paragraphe ainsi :

VERSION 2
Un sens ? Idées lancées, vision décousue. Des yeux hermétiques et un coeur en suspens. Ainsi se leurre-t-on, aveuglé, devant la trompeuse vision de mots liés, qui sonnent et s'accordent, tantôt attendus, tantôt surprenants. Et la trace s'efface derrière son auteur.

Je ne pense pas que si mon post s'était résumé au paragraphe "VERSION 2", j'aurais obtenu beaucoup de réponses de ta part ni de celle de qq1 d'autre :roll: Et c'est comme un reproche que je formule, non pas envers ton texte, mais envers ce genre. Ca devient vite difficile de distinguer un bon texte d'un mauvais, un texte travaillé d'un autre tout juste ébauché, j'ai toujours comme l'impression de me faire avoir ! Ca m'évoque ces nombreuses poésies en vers (pas ton texte spécialement, le genre en général), qui alignent des mots, des mots, des mots, se font applaudir pour leur majesté, mais qui ne semblent reposer sur aucun fond.

D'où ma question, quel sentiment, quelle sensation, cherches-tu à retranscrire (en bon français bien construit :mrgreen: ) ?


Je crois vraiment que ça mérite que je donne quelques détails sur ma propre question, sur mon jugement de ce genre de texte ou de poésie dont je parlais, mais dans un autre topic, je t'encourage vraiment à passer y laisser quelques mots :mrgreen:

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Re: L'aujourd'hui.

Messagede Memento le 17 Déc 2008, 18:18

Eh bien, je ne sais pas si j'arriverai à bien répondre à ta remarque, mais tentons tout de même.

Tout d'abord, je pense personnellement que les gens qui écrivent simplement pour accoler des mots les uns aux autres sont rares. Cela n'a pas de sens. Ce serait comme parler juste pour faire de la grammaire. La langue est un sens, en soi, car elle est retranscription (même si imparfaite) de la pensée. Mais bref, passons.

Je peux comprendre ton désarroi face à ce genre de texte. Je tiens à dire que cela m'arrive aussi souvent de froncer un sourcil, de mordre une lèvre en me disant "Mais que voulait-il/elle dire ?". Les clés ne sont pas toujours données mais les indices existent. Les versions latines et les dissertations philosophiques, le crépitement des feuilles, les visages qui tournent autour des mots,... Tous ces petits riens qui semblent accoler les uns aux autres sans raison ont un sens simple. Faut-il clairement l'exprimer ? Ou doit-on laisser au lecteur le soin de s'imaginer les choses ? Doit-on imposer une interprétation ou laisser les images créer des sens ?
Baudelaire serait-il toujours aussi intéressant, intriguant, charmant, si l'explication littéraire de ses poèmes étaient à la fin de chaque page ? Ne sont-ce pas les sous-entendus et les allusions cachées qui en sont la richesse ?

Je ne prétends pas être Baudelaire. Je ne prétends pas même savoir écrire convenablement. Je (me) cherche aux travers des expériences littéraires que je peux avoir ou rencontrer, j'essaye, j'apprends.
Je n'ai jamais été douée pour dire les choses simplement. Je n'ai jamais été douée pour dire les choses, tout simplement. Je n'ai jamais été douée pour cela, et les mots ainsi agencés étaient (ou plutôt sont) mon échappatoire. J'exprime les choses différemment, pour me libérer du poids de la réalité. L'écriture est une fuite, oui, et je la savoure, même si je peux comprendre que cette vision des choses peut être déconcertante.
Chacun ses mots. Chacun son esthétique. Mais tous le même désir : partager.

Après, on dit qu'il y a de bons et de mauvais textes. Mais personne ne peut décider à notre place ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. C'est le cœur qui guide. Si le cœur dit non, alors c'est non. Si le cœur dit oui, alors c'est oui. C'est une question certainement trop personnelle pour être débattue. Ce serait comme cette éternelle question philosophique du "Qu'est-ce que le beau ?".
Si mon Français te semble décousu, c'est que tu ne ressens pas les choses de la même manière que moi. Peut-être que je ne ressentirai pas ce que toi tu tentes d'exprimer. Reste à espérer qu'il y aura toujours des gens pour apprécier le travail de chacun.
Nous verrons bien.


[La suite concernera seulement les personnes voulant connaître le sens exact de la scène exprimer dans le texte.]
Même si je pense que cela n'a pas de sens...

Les dissertations et les versions sur des feuilles qui crépitent, les toussotements qui vous percent le tympan, le tout entouré de craquements de plancher, ce sont plus prosaïquement les bruits que l'on entend en se sortant des boules kiès des oreilles à la fin d'une dissertation de philosophie, moment ô combien appréciable où l'on se dit que les vacances (la neige du lendemain) avec leur lot de sommeil bien mérité (les paupières lourdes) ne seront effectives qu'après quatre longues heures de version latine à faire deux jours plus tard.
Simplement.
Et ce qui me fait sourire, c'est que je me dis qu'il y a deux mois, tu aurais encore moins compris ce que j'aurais pu écrire (rire).
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Re: L'aujourd'hui.

Messagede cambeste le 17 Déc 2008, 21:44

alors moi je suis fan de vous deux,
parce que fan de deux genres complètement différents.

L'expliquer m'est très difficile, je n'ai pas votre aisance dans les mots, vos capacités à exprimer les choses, à développer.

Pour dire simple donc :
- j'aime ce qu'écris Memento, parce que tout y est impulsion, sensation d'instants, mots jetés pour exprimer des sentiments qui peuvent s'échapper si vite. C'est regarder une fleur dans un parterre d'autres fleurs et subitement ressentir quelque chose face à cette image et avoir envie de l'exprimer. C'est mettre des mots à la portée de toute choses simples, mais aussi exprimer le fond des choses afin qu'elle ne passe pas inaperçues non plus.
- j'aime ce qu'écrit Davidartiste, parce que c'est aller au fond des choses afin que l'on puisse voir l'essentiel qui pourrait passer inaperçu si on ne l'exprime pas. C'est développer pour que le lecteur dans son esprit puisse ressentir l'exactitude de la scène que l'auteur s'est représentée avant que de la fixer sur le papier. C'est les mots sur le papier à l'équivalence de l'image sur la pellicule.

Au fond,
l'une exprimant le sensations d'instants et les sensations du détail,
l'autre développant afin que l'on n'oublie pas de voir toute chose présentes.
Vous n'êtes pas si loin l'un de l'autre dans deux manières différentes de l'exprimer.

Vous voyez ce que je veux dire ?
des mots pour partager
des mots pour dialoguer
des mots pour transmettre
des mots pour toujours plus...
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