La Clef des Alcants

La Clef des Alcants

Messagede Erùvë le 10 Nov 2008, 14:40

Voilà le premier chapitre de mon roman :

La Clef des Alcants


Chap.1 Le royaume de Garla


Un soleil froid se leva ce matin là sur Garla et la forêt septentrionale des terres du roi Arcalon.
La réputation de cette étendue d’arbres centenaire, qu’était Dikaltar, n’était pas très engageante. Un récit vieux comme le monde, d’un voyageur intrépide dont le nom est désormais oublié, raconte bien des horreurs.
La forêt serait occupée par un peuple sanguinaire commandant aux bêtes sauvages et meurtrières, les faisant agir selon leur volonté. Son récit retraçait également la manière dont les arbres avaient la faculté étonnante de pouvoir étaler leur feuillage à la nuit tombée afin qu’aucun rayon de lumière ne puisse les pénétrer. Les ombres maléfiques s’y insinuaient avec malice pour surprendre le moindre être vivant osant s’y aventurer.
S’il en eu fait des écrit, aucun ne subsistent. Les mémoires ont oublié ce conteur, mais pour sûr, plus personne ne mit les pieds bien loin au sein de la forêt.

La vie était prospère pour les quatre principales villes du royaume, commerçant les unes avec les autres et depuis toujours, dans une excellente entente. Elles avaient d’ailleurs due se battre côte à côte par le passé. Même si les écrits ne subsistent pas de ces temps reculés et que l’ennemi n’est plus dans les mémoires, il en est tout de même demeuré des liens fraternels et les contes des anciens.
Le roi Gorlan était décédé depuis de longues années, trop aux yeux du peuple de Garla. Le Monarque aimé de tous laissa derrière lui une trace indélébile dans son sillage et marqua les cœurs et les esprits à jamais. N’ayant aucun enfant, il céda sont trône à son neveu, Arcalon.
L’héritier approchait de la quarantaine et avait un visage angulaire et une mâchoire puissante qui soulignait son tempérament. Il était beaucoup plus dur et intraitable que son prédécesseur. Il fit d’ailleurs rapidement parler de lui. Il avait rêvé du pouvoir durant toute son existence et le jour de son couronnement fût sans nul doute le plus beau jour de sa vie. Son goût prononcé pour les exécutions de ses opposants en faisait un dirigeant redouté et craint dans tous le royaume.




Le corps s’engouffra par la trappe dans un craquement d’os, retenu seulement par la corde qui lui avait été glissé au cou quelques instants plus tôt. Devant cette exécution sommaire, les lèvres du roi Arcalon s’étirèrent en un rictus malsain, pendant que l’exécuté se débâtait en vain.
Il se délectait de ces moments là. Il aimait voir les provocateurs de l’ordre établi suffoquer avant leur mort, qu’il trouvait bien trop rapide. Il avait ordonné que l’on ne laisse pas trop de mou à la corde afin que le décès ne soit pas immédiat. Il réfléchirait à une autre mise à mort, plus lente et plus jouissive. Mais pas dans l’immédiat, une tache plus importante l’attendait.
Il se faufila à l’intérieur du bâtiment flanqué de sa garde personnelle et de ses généraux, qui l’attendaient depuis de longues minutes. Au centre de la place de la capitale les acclamations de la foule, persuadée de la culpabilité du condamné, résonnaient jusque dans le château de pierres blanches.
La potence avait beaucoup servi ces temps-ci.
Le monarque pénétra dans une immense pièce circulaire au mur drapé de magnifiques tissus. L’on y voyait se dessiner des paysages sublimes et des animaux de contes. En face de la porte d’entrée avait été érigé un autel sur lequel trônait le blason de la famille royale ; un croissant de lune sur fond rouge transpercé de haut en bas par l’Epée des rois. Un imposant trône en or aux accoudoirs de cuir était disposé devant l’autel. Arcalon s’y installa et ses conseillers prirent place devant lui. Sa garde se plaça à l’entré de la salle et de part et d’autre de son assise.
Il avait souhaité attendre la fin de l’exécution avant de les recevoir. Il ne voulait pour rien au monde qu’une mauvaise nouvelle vienne gâcher ce moment de détente. Il posa un regard noir sur l’assistance et d’un geste de la main les autorisa à parler.
- Sire, commença le général Clima redoutant la réaction de son chef. Nous souhaitions vous voir pour vous entretenir d’…
- Cesse de tergiverser Clima, le coupa Arcalon courroucé. Va droit au but pour changer.
- Oui mon seigneur, il prit une profonde respiration et déglutit avant de reprendre les yeux rivé sur le sol. Le chevalier nous a échappé. Nous l’avons blessé mais il a disparu près de la rivière, à la sortie est de Nulsia.
Il s’arrêta attendant la réaction du monarque. Comme celui-ci ne bougea pas d’un pouce, il continua.
- Désolés de vous avoir déçu mon seigneur. Nous accepterons la sanction qui vous paraîtra la plus juste.
Les yeux des généraux étaient remplis de peur. Ils avaient beau être les plus grands et valeureux combattants de Garla, ils craignaient cet homme aux cheveux grisonnants.
Le roi prit un moment pour ne pas laisser exploser sa colère. Il voulait capturer ce renégat pour le soumettre à sa volonté. Personne n’osait lui résister ainsi. Pourtant il devait voir la vérité en face : ces simples soldats, aussi gradés qu’ils puissent être, n’étaient pas à la hauteur contre ce maudit chevalier.
Il se résigna à ne pas les faire exécuter pour leur incompétence flagrante et les renvoya à leurs quartiers, le temps de la réflexion était venu. Pour venir à bout du voleur, et récupérer son bien, il lui faudrait faire appel à un guerrier plus puissant. Il quitta la salle du trône suivit de près par sa garde et se dirigea vers sa salle de méditation.


Merci d'avance à ceux qui lirons et commenterons... :mrgreen:
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Re: La Clef des Alcants

Messagede cambeste le 10 Nov 2008, 22:25

Erùvë a écrit:Voilà le premier chapitre de mon roman :

La Clef des Alcants

Chap.1 Le royaume de Garla

Un soleil froid se leva ce matin-là sur Garla et la forêt septentrionale des terres du roi Arcalon.
La réputation de cette étendue d’arbres centenaires, qu’était Dikaltar, n’était pas très engageante. Un récit vieux comme le monde, d’un voyageur intrépide dont le nom est désormais oublié, raconte bien des horreurs.
La forêt serait occupée par un peuple sanguinaire commandant aux bêtes sauvages et meurtrières, et les faisant agir selon leur volonté. Son récit retraçait également la manière dont les arbres avaient la faculté étonnante de pouvoir étaler leur feuillage à la nuit tombée afin qu’aucun rayon de lune ne puisse les pénétrer. Les ombres maléfiques s’y insinuaient avec malice pour surprendre le moindre être vivant osant s’y aventurer.
S’il en eu fait des écrits, aucun ne subsistent. Les mémoires ont oublié ce conteur, mais pour sûr, plus personne ne mit les pieds bien loin au sein de la forêt.

La vie était prospère pour les quatre principales villes du royaume, commerçant les unes avec les autres et depuis toujours, dans une excellente entente. Elles avaient d’ailleurs du se battre côte à côte par le passé. Même si les écrits ne subsistent pas de ces temps reculés et que l’ennemi n’est plus dans les mémoires, il en est tout de même demeuré des liens fraternels et les contes des anciens.
Le roi Gorlan était décédé depuis de longues années, trop aux yeux du peuple de Garla. Le Monarque aimé de tous laissa derrière lui une trace indélébile dans son sillage et marqua les cœurs et les esprits à jamais. N’ayant aucun enfant, il céda sont trône à son neveu, Arcalon.
L’héritier approchait de la quarantaine et avait un visage angulaire et une mâchoire puissante qui soulignait son tempérament. Il était beaucoup plus dur et intraitable que son prédécesseur. Il fit d’ailleurs rapidement parler de lui. Il avait rêvé du pouvoir durant toute son existence et le jour de son couronnement fût sans nul doute le plus beau jour de sa vie. Son goût prononcé pour les exécutions de ses opposants en faisait un dirigeant redouté et craint dans tout le royaume.

Le corps s’engouffra par la trappe dans un craquement d’os, retenu seulement par la corde qui lui avait été glissée au cou quelques instants plus tôt. Devant cette exécution sommaire, les lèvres du roi Arcalon s’étirèrent en un rictus malsain, pendant que l’exécuté se débâtait en vain.
Il se délectait de ces moments-là. Il aimait voir les provocateurs de l’ordre établi suffoquer avant leur mort, qu’il trouvait bien trop rapide. Il avait ordonné que l’on ne laisse pas trop de mou à la corde afin que le décès ne soit pas immédiat. Il réfléchirait à une autre mise à mort, plus lente et plus jouissive. Mais pas dans l’immédiat, une tâche plus importante l’attendait.
Il se faufila à l’intérieur du bâtiment flanqué de sa garde personnelle et de ses généraux, qui l’attendaient depuis de longues minutes. Au centre de la place de la capitale les acclamations de la foule, persuadée de la culpabilité du condamné, résonnaient jusque dans le château de pierres blanches.
La potence avait beaucoup servi ces temps-ci.
Le monarque pénétra dans une immense pièce circulaire au mur drapé de magnifiques tissus. L’on y voyait se dessiner des paysages sublimes et des animaux de contes. En face de la porte d’entrée avait été érigé un autel sur lequel trônait le blason de la famille royale ; un croissant de lune sur fond rouge transpercé de haut en bas par l’Epée des rois. Un imposant trône en or aux accoudoirs de cuir était disposé devant l’autel. Arcalon s’y installa et ses conseillers prirent place devant lui. Sa garde se plaça à l’entrée de la salle et de part et d’autre de son assise.
Il avait souhaité attendre la fin de l’exécution avant de les recevoir. Il ne voulait pas, pour rien au monde, qu’une mauvaise nouvelle vienne gâcher ce moment de détente. Il posa un regard noir sur l’assistance et d’un geste de la main les autorisa à parler.
- Sire, commença le général Clima redoutant la réaction de son chef. Nous souhaitions vous voir pour vous entretenir d’…
- Cesse de tergiverser Clima, le coupa Arcalon courroucé. Va droit au but pour changer.
- Oui mon seigneur, il prit une profonde respiration et déglutit avant de reprendre les yeux rivés sur le sol. Le chevalier nous a échappé. Nous l’avons blessé, mais il a disparu près de la rivière, à la sortie est de Nulsia.
Il s’arrêta attendant la réaction du monarque. Comme celui-ci ne bougea pas d’un pouce, il continua.
- Désolés de vous avoir déçu mon seigneur. Nous accepterons la sanction qui vous paraîtra la plus juste.
Les yeux des généraux étaient remplis de peur. Ils avaient beau être les plus grands et valeureux combattants de Garla, ils craignaient cet homme aux cheveux grisonnants.
Le roi prit un moment pour ne pas laisser exploser sa colère. Il voulait capturer ce renégat pour le soumettre à sa volonté. Personne n’osait lui résister ainsi. Pourtant, il devait voir la vérité en face : ces simples soldats, aussi gradés qu’ils puissent être, n’étaient pas à la hauteur contre ce maudit chevalier.
Il se résigna à ne pas les faire exécuter pour leur incompétence flagrante et les renvoya à leurs quartiers, le temps de la réflexion était venu. Pour venir à bout du voleur et récupérer son bien, il lui faudrait faire appel à un guerrier plus puissant. Il quitta la salle du trône suivi de près par sa garde et se dirigea vers sa salle de méditation.


Voilà une toute première correction, orthographique.

Je profite de ton arrivée pour signaler que je trouve trop simple de corriger les fautes d'orthographe via un message privé seul. Je sais qu'il n'est pas toujours agréable de voir son texte apparaître avec des fautes d'orthographe corrigées "en public".

Je ne suis pas des meilleures en orthographe, d'autant que je ne prends pas le temps de me relire...
J'ai même été TRES NULLE, au point de me retrouver avec des "ZERO pointés" à mes compositions françaises tant il y avait de fautes d'orthographe qui pouvaient gâcher le plaisir de la lecture....

J'ai appris donc, à force de critiques publiques, à faire un peu plus attention.

J'espère donc que tu ne m'en voudras pas de te corriger ainsi tes fautes publiquement. C'est aussi un moyen d'apprendre pour toute autre personne qui passerait par là.

Sur les règles s'appliquant, je n'en ai pas trop en stock concernant tes fautes, des habitudes d'écriture surtout, comme :
- pas de virgule avant ET
- mais toujours une virgule avant MAIS et POURTANT

On trouve quelques fautes d'accord, mais vraiment pas en très grand nombre.

Je vais profiter de ton premier message pour mettre le lien d'un correcteur orthographique, pas des plus précis, mais tu pourras y gagner d'avoir un peu moins de corrections à venir.

Pour moi, l'orthographe est un point des plus importants dans l'écriture, pour ta crédibilité, pour la lecture de ceux à qui tu pourras proposer tes textes, pour le plaisir de ne pas être corrigé aussi.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede Erùvë le 11 Nov 2008, 13:44

merci d'avoir pris le temps de me lire...

ne t'en fais pas cela ne me dérange pas d'être corrigé, je suis là pour ça!
j'en profite pour mettre mon second chapitre... :D

Chapitre II

Le chevalier noir



A la première lueur du jour, Aëluss était déjà debout, s’affairant à couper du bois, ramasser les œufs et nourrir les bêtes. Depuis la mort de ses parents, l’année de ses treize ans, il avait dû apprendre à se débrouiller seul. Malgré les tâches fastidieuses, il trouvait le temps de pratiquer son sport favori : le maniement de l’épée.
Aëluss était un beau jeune homme brun, de taille moyenne. Ses yeux d’un bleu pâle, faisait penser à la couleur du ciel d’une chaude et ensoleillée journée d’été. Il était bien bâtit et son corps avait été sculpté par les heures d’entrainement à l’escrime de ces dernières années. L’épée dont il se servait n’était pas n’importe quelle épée. C’était celle de son père, une des rares choses qui lui restaient de ses parents. Il en prenait soin chaque jour. La nettoyait, l’aiguisait avec une attention extrême. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Elle était parfaite pour le combat rapproché car légère et maniable, pour une épée à deux main.
Il passait des heures entières à s’entraîner, sur le grand arbre centenaire à l’arrière de la ferme familiale, lequel portait depuis de profonds stigmates. Personne n’aurait pu imaginer à sa figure angélique qu’il aimait à ce point jouer du tranchant.
La ferme se composait d’une grande pièce à vivre, de deux chambres et d’une cheminée pour les nuits d’hiver. Cette maison, trop grande pour lui, lui rappelait souvent le vide laissé par ses parents.
Les jours passaient calmement au rythme des échanges de produits avec le voisinage et d’entraînements épuisants. Les membres du village l’accueillaient toujours avec un immense sourire, qu’il leur rendait incessamment. Tout ce cirque l’exaspérait, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer sa vie sans la mort de ses parents.
Aëluss se rapprochait maintenant de ses dix-huit ans. Dans deux ans seulement il atteindrait l’âge de la majorité. Il attendait ce moment avec impatience car il pourrait enfin participer au conseil de la ville en tant que porte parole de sa famille. Il voulait faire honneur à ses parents en devenant un acteur principal de la citée - aider à son organisation et à sa sécurité. Tout comme le fut son père. Dans sa ville le conseil faisait la pluie et le beau temps. C’était lui qui décidait, par exemple, des expéditions vers les cités voisines afin de commercer au nom de la communauté.
Les dernières feuilles rougeoyantes s’abîmaient sous l’astre lunaire. Alors qu’Aëluss rentrait chez lui, au coin de la maison voisine, un son comme un râle émana de l’ombre. Il s’arrêta net, aux aboies, dans l’allée menant à sa demeure. Ne sachant pas à quoi s’attendre, Aëluss ramassa un des bouts de bois mort gisant près du chemin.

Les sens aux aguets, il se concentra sur le moindre bruit. Peut être était-ce le fruit de son imagination ? Mais le râle était bien réel, le jeune homme se dirigea vers le portique avec prudence.
- Qui est là ? lança t-il d’une voix grave qu’il voulait confiante.
Un tintement s’éleva de l’obscurité. Un chevalier en armure apparut dans les rayons de lumière projetés par la fenêtre d’une maison voisine. Il s’effondra sur le sol. Son armure noire était totalement démantelée et lui-même était en sang. Aëluss se précipita vers le guerrier afin de lui prêter main forte et l’aider à se déplacer jusqu'à l’intérieur de la maison. En tant que fils de chevalier, il avait un respect immense et profond pour ces gardiens de l’ordre et de la paix. Il attrapa le bras sanglant de l’homme et le passa par-dessus son épaule.
- Merci…laissa échapper l’inconnu, le souffle coupé alors qu’ils commençaient à marcher.
Les quelques mètres qui les séparaient de la porte parure une éternité à Aëluss. Le mystérieux chevalier souffrait à chaque pas.
Une fois à l’intérieur il l’installa sur le fauteuil de la salle principale et lui apporta de quoi se désaltérer ainsi que des compresses et des pansements pour le soigner. Il porta le verre d’eau à ses lèvres craquelées, lui soutenant la tête pour l’aider à avaler. L’homme blaisé ne parvint à prendre qu’une gorgée.
Il ne bougeait presque pas, seule sa respiration roque montrait qu’il était encore en vie. Le jeune homme entrepris de nettoyer les plaies. Il défit les courroies qui retenaient la cuirasse de l’armure et l’ôta, arrachant une plainte sourde au blessé. Cela fait, il put constater l’étendue des dégâts. Une crevasse suintait sur le flan du chevalier. Le sang coulait abondamment de la blessure.
Il alla chercher de l’onguent dans le buffet, nettoya la plaie autant que possible et l’appliqua dans l’entaille. Il banda le blessé et le laissa se reposer un moment. L’homme en armure respirait profondément et buvait par intermittence.
- Je suis heureux d’avoir utilisé mes dernières forces pour enfin te trouver et je te remercie de tes bons soins, lui dit-il finalement, la voix râpeuse de douleur.
Devant le regard confus d’Aëluss, le chevalier repris la parole.
- Je crains, à ton regard, que tu ne me prennes pour un fou…mais il n’en est rien. Je sais qui tu es…Il marqua volontairement un temps d’arrêt pour capter l’attention du jeune homme et repris. Aëluss, fils d’Aëtall.
Lorsqu’il entendit son nom Aëluss manqua de s’étouffer.
- Mais qui êtes vous ? Pourquoi et comment me connaissez-vous ? La voix tremblante, il s’éloigna un peu de son hôte et posa la main sur la dague à sa ceinture.
- Je me nomme Damir. Sache qu’Aëtall et moi étions amis… tu lui ressemble à s’y méprendre. Malgré la tristesse de ses yeux, un sourire compatissant se dessina sur le visage buriné du chevalier.
- Comment est-ce possible ? Le cœur emballé par cette révélation, il restait bouche bée.
Le chevalier se lança sans plus tarder dans le récit d’anecdotes relatives à ces années passées en compagnie de son ami. Il s’interrompait parfois afin de reprendre son souffle et se désaltérer. Des larmes coulaient maintenant abondamment sur les joues du jeune homme et de son invité au souvenir des évènements passés.
- Je voudrais que tu me pardonne Aëluss. Reprit le chevalier, le regard lourd de tristesse. Depuis toutes ces années je n’ai jamais réussit à mettre la main sur l’ordure qui a osée commettre cette infamie !
Le visage du jeune homme passa des larmes à l’étonnement le plus complet.
- Mais que dites-vous ? Mes parents son mort d’une maladie foudroyante !
- Mon enfant…je suis désolé mais ce que l’on t-a raconté n’est que pure foutaise ! Ils ont été…
Mais déjà Aëluss ne l’écoutais plus. Les lèvres du chevalier bougeaient, mais aucun son n’en sortait. Il avait compris, pas la peine d’en entendre davantage, ses parents avaient été assassinés ! A la tristesse, se mêla la colère. Qui avait bien pu commettre ces meurtres ? Quel personnage pouvait être répugnant au point de tuer un homme et sa femme laissant ainsi un enfant orphelin ?
Etonnamment il n’eut pas de réaction extérieure, si bien que Damir ne sut pas ce que le jeune homme ressentait au plus profond de son être. Après avoir tenté de le réconforter, il décida de ne plus dire un mot et de le laisser digérer ses propos. Le choc était trop violent. Pour Aëluss s’était comme si ses parents mouraient une seconde fois.
Le chevalier aurait voulu l’épauler dans son affliction, malheureusement il ne se connaissait que trop bien ; il savait qu’il ne verrait pas le soleil se lever. A force de silence Aëluss se laissa emporter par la fatigue et submerger par un flot de rêves étourdissants.
Le chevalier noir laissa le jeune homme s’endormir. Il sortit tant bien que mal de son sac un objet enveloppé dans une étoffe de soie brillante qu’il déposa délicatement sur le rebord du fauteuil. Il prit, à sa ceinture, un carnet auquel était accroché un petit crayon. Il griffonna quelques phrases et le déposa à son tour sur l’accoudoir. Il fit une dernière prière et, fermant les yeux, il se sentit envahir par son dernier sommeil…ou peut être était-ce la douceur de la mort.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede cambeste le 11 Nov 2008, 22:27

Voilà quelques corrections donc sur cette nouvelle partie que tu postes.
Attention, quelques règles essentielles :
- (déjà vu) pas de virgule avant ET
- la négation, NE PAS, NE PLUS, etc... parfois dans le parlé on utilise à tort le NE et on finit par l'écrire aussi machinalement qu'on le dit. Après NE il y a toujours un PAS ou PLUS, si tu ne peux en mettre un dans le sens de ta phrase c'est que le NE n'a pas lieu d'être. (je ne peux pas te l'expliquer autrement, s'il y a une règle grammaticale précise, je ne la connais pas).
- attention de même à tes conjugaisons.
Je vais rajouter un second lien sur un bon dictionnaire, qui sert aussi à la grammaire, à la conjugaison et qui, accessoirement fait aussi traducteur.

Tout en bas de ton texte, j'ai noté trois points sur lesquels je ne suis pas sûre, à vérifier donc.


Erùvë a écrit:A la première lueur du jour, Aëluss était déjà debout, s’affairant à couper du bois, ramasser les œufs et nourrir les bêtes. Depuis la mort de ses parents, l’année de ses treize ans, il avait dû apprendre à se débrouiller seul. Malgré les tâches fastidieuses, il trouvait le temps de pratiquer son sport favori : le maniement de l’épée.
Aëluss était un beau jeune homme brun, de taille moyenne. Ses yeux d’un bleu pâle, faisait penser à la couleur du ciel d'une chaude et ensoleillée journée d’été. Il était bien bâti et son corps avait été sculpté par les heures d’entrainement à l’escrime de ces dernières années. L’épée dont il se servait n’était pas n’importe quelle épée. C’était celle de son père, une des rares choses qui lui restaient de ses parents. Il en prenait soin chaque jour. La nettoyait, l’aiguisait avec une attention extrême. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Elle était parfaite pour le combat rapproché, car légère et maniable, pour une épée à deux mains.
Il passait des heures entières à s’entraîner, sur le grand arbre centenaire à l’arrière de la ferme familiale, lequel portait depuis de profonds stigmates. Personne n’aurait pu imaginer à sa figure angélique qu’il aimait à ce point jouer du tranchant.
La ferme se composait d’une grande pièce à vivre, de deux chambres et d’une cheminée pour les nuits d’hiver. Cette maison, trop grande pour lui, lui rappelait souvent le vide laissé par ses parents.
Les jours passaient calmement au rythme des échanges de produits avec le voisinage et d’entraînements épuisants. Les membres du village l’accueillaient toujours avec un immense sourire, qu’il leur rendait incessamment. Tout ce cirque l’exaspérait, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer sa vie sans la mort de ses parents.
Aëluss se rapprochait maintenant de ses dix-huit ans. Dans deux ans seulement il atteindrait l’âge de la majorité. Il attendait ce moment avec impatience car il pourrait enfin participer au conseil de la ville en tant que porte parole de sa famille. Il voulait faire honneur à ses parents en devenant un acteur principal de la citée, aider à son organisation et à sa sécurité. Tout comme le fut son père. Dans sa ville le conseil faisait la pluie et le beau temps. C’était lui qui décidait, par exemple, des expéditions vers les cités voisines afin de commercer au nom de la communauté.
Les dernières feuilles rougeoyantes s’abîmaient sous l’astre lunaire. Alors qu’Aëluss rentrait chez lui, au coin de la maison voisine, un son comme un râle émana de l’ombre. Il s’arrêta net, aux aboies, dans l’allée menant à sa demeure. Ne sachant pas à quoi s’attendre, Aëluss ramassa un des bouts de bois mort gisant près du chemin.

Les sens aux aguets, il se concentra sur le moindre bruit. Peut être était-ce le fruit de son imagination ? Mais le râle était bien réel, le jeune homme se dirigea vers le portique avec prudence.
- Qui est là ? Lança t-il d’une voix grave qu’il voulait confiante.
Un tintement s’éleva de l’obscurité. Un chevalier en armure apparut dans les rayons de lumière projetés par la fenêtre d’une maison voisine. Il s’effondra sur le sol. Son armure noire était totalement démantelée et lui-même était en sang. Aëluss se précipita vers le guerrier afin de lui prêter main forte et l’aider à se déplacer jusqu'à l’intérieur de la maison. En tant que fils de chevalier, il avait un respect immense et profond pour ces gardiens de l’ordre et de la paix. Il attrapa le bras sanglant de l’homme et le passa par-dessus son épaule.
- Merci… laissa échapper l’inconnu, le souffle coupé alors qu’ils commençaient à marcher.
Les quelques mètres qui les séparaient de la porte parure une éternité à Aëluss. Le mystérieux chevalier souffrait à chaque pas.
Une fois à l’intérieur il l’installa sur le fauteuil de la salle principale et lui apporta de quoi se désaltérer ainsi que des compresses et despansements pour le soigner. Il porta le verre d'eau à ses lèvres craquelées, lui soutenant la tête pour l'aider à avaler. Mais il ne parvint à prendre qu'une gorgée.
Il ne bougeait presque pas, seule sa respiration roque montrait qu’il était encore en vie. Le jeune homme entreprit de nettoyer les plaies. Il défit les courroies qui retenaient la cuirasse de l’armure et l’ôta, arrachant une plainte sourde au blessé. Cela fait, il put constater l’étendue des dégâts. Une crevasse suintait sur le flan du chevalier. Le sang coulait abondamment de la blessure.
Il alla chercher de l’onguent dans le buffet, nettoya la plaie autant que possible et l’appliqua dans l’entaille. Il banda le blessé et le laissa se reposer un moment. L’homme en armure respirait profondément et buvait par intermittence.
- Je suis heureux d’avoir utilisé mes dernières forces pour enfin te trouver et je te remercie de tes bons soins, lui dit-il finalement, la voix râpeuse de douleur.
Devant le regard confus d’Aëluss, le chevalier repris la parole.
- Je crains, à ton regard, que tu me prennes pour un fou…mais il n’en est rien. Je sais qui tu es… Il marqua volontairement un temps d’arrêt pour capter l’attention du jeune homme et reprit. Aëluss, fils d’Aëtall.
Lorsqu’il entendit son nom Aëluss manqua de s’étouffer.
- Mais qui êtes-vous ? Pourquoi et comment me connaissez-vous ? La voix tremblante, il s’éloigna un peu de son hôte et posa la main sur la dague à sa ceinture.
- Je me nomme Damir. Sache qu’Aëtall et moi étions amis et tu lui ressembles à s’y méprendre. Malgré la tristesse de ses yeux, un sourire compatissant se dessina sur le visage buriné du chevalier.
- Comment est-ce possible ? Le cœur emballé par cette révélation, il restait bouche bée.
Le chevalier se lança sans plus tarder dans le récit d’anecdotes relatives à ces années passées en compagnie de son ami. Il s’interrompait parfois afin de reprendre son souffle et se désaltérer. Des larmes coulaient maintenant abondamment sur les joues du jeune homme et de son invité au souvenir des évènements passés.
- Je voudrais que tu me pardonnes Aëluss. Reprit le chevalier, le regard lourd de tristesse. Depuis toutes ces années je n’ai jamais réussi à mettre la main sur l’ordure qui a osé commettre cette infamie !
Le visage du jeune homme passa des larmes à l’étonnement le plus complet.
- Mais que dites-vous ? Mes parents son morts de maladie foudroyante !
- Mon enfant… je suis désolé, mais ce que l’on t'a raconté n’est que pure foutaise ! Ils ont été…
Mais déjà Aëluss ne l’écoutais plus. Les lèvres du chevalier bougeaient, mais aucun son n’en sortait. Il avait compris, pas la peine d’en entendre davantage, ses parents avaient été assassinés ! A la tristesse se mêla la colère. Qui avait bien pu commettre ces meurtres ? Quel personnage pouvait être répugnant au point de tuer un homme et sa femme laissant ainsi un enfant orphelin ?
Étonnamment il n’eut pas de réaction extérieure, si bien que Damir ne sut pas ce que le jeune homme ressentait au plus profond de son être. Après avoir tenté de le réconforter, il décida de ne plus dire un mot et de le laisser digérer ses propos. Le choc était trop violent. Pour Aëluss s’était comme si ses parents mouraient une seconde fois.
Le chevalier aurait voulu l’épauler dans son affliction, malheureusement il ne se connaissait que trop bien ,et savait qu’il ne verrait pas le soleil se lever. A force de silence Aëluss se laissa emporter par la fatigue et submerger par un flot de rêves étourdissants.
Le chevalier noir laissa le jeune homme s’endormir. Il sortit tant bien que mal de son sac un objet enveloppé dans une étoffe de soie brillante qu’il déposa délicatement sur le rebord du fauteuil. Il prit, à sa ceinture, un carnet auquel était accroché un petit crayon. Il griffonna quelques phrases et le déposa à son tour sur l’accoudoir. Il fit une dernière prière et, fermant les yeux, il se sentit envahir par son dernier sommeil… ou peut être était-ce la douceur de la mort.


les rayons de lumière projetés je pense que PROJETÉS s'accorde avec les rayons, à vérifier car je ne suis pas sûre à 100%
Il porta le verre d'eau à ses lèvres craquelées, lui soutenant la tête pour l'aider à avaler. Mais il ne réuçit à prendre qu'une gorgée phrase, je pense à revoir, elle me semble mal tournée ou peut-être est-ce le ". Mais" qui me dérange. A voir.
Mais il ne parvint à prendre qu'une gorgée la négation NE PAS, n'a pas lieu d'être ici, tu devrais mettre plutôt quelque chose du genre : Mais il parvint à prendre qu'une unique gorgée.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede Erùvë le 13 Nov 2008, 02:06

Merci encore pour les corrections!!
j'ai effectivement un problème avec les virgules avant les "et"! :lol:
Je met le chapitre suivant...à bientôt :mrgreen:


Chap.III L’étoffe de soie




Son père…sa mère…une ombre menaçante…du sang !
A son réveil Aëluss ne réalisa pas tout de suite ce qui s’était passé la veille. Il tourna la tête vers Damir et le regarda un moment. Tout à coup il s’aperçu d’une chose, le chevalier ne respirait plus. Il se leva d’un bond et plaqua ses doigts sur son cou. Rien.
Une rage immense l’inonda comme une vague libéré par la destruction d’un barrage. Un hurlement s’extirpa de sa bouche et il se laissa retomber dans le fauteuil. Jetant un regard vers le défunt, il vit quelque chose sur l’accoudoir. Il constata la présence du carnet et de l’étoffe de soie. Il saisi le carnet et lu l’écriture hâtive et saccadée de son ami.

« Pardonne-moi de ne pas pouvoir t’accompagner dans les épreuves qui t’attendent. L’objet que je te confis est extrêmement précieux et il te faudra le protéger à toux prix. Ne laisse en aucun cas le roi s’en emparer ! Je te conseille de quitter la ville car cela va devenir dangereux ici pour toi. Va vers l’est et trouve Sir Minëal. Il était un grand ami de ton père et moi, il répondra à tes questions et t’aidera. Personne ne doit apprendre ma venue ici car cela te mettrait encore plus en danger.
Bon courage mon jeune ami, je pars soulagé de savoir que je vais rejoindre tes parents qui auraient été fier de toi !

Ton ami, Damir »

Des larmes perlèrent sur ses joues tandis qu’il glissait le petit cahier dans sa poche de pantalon. Il espéra un moment se réveiller une seconde fois. Mais non. Le corps était bien là et le sang sur ses main aussi. Le jeune homme n’eut aucune réaction pendant de longues minutes. Les yeux dans le vague, il ne parvenait à bouger aucun membre de son corps. Il laissa son esprit aller à la dérive dans son subconscient pour se frotter à ses souvenirs les plus profondément enfouis. Il ne chercha pas longtemps cependant et l’image de ses parents l’enveloppa. Il repensa aux moments passés en leur compagnie et tout ce qu’il avait dû endurer depuis. Ils lui manquaient cruellement. Des larmes glacées coulèrent à nouveau le long de ses joues chauffées à blanc par les émotions. Cette sensation le surprit et l’extirpa de son dédale de chagrin, le ramenant à la dure réalité.
Lorsqu’il eu enfin reprit ses esprits, il décida de s’occuper du corps et de lui donner une sépulture descente. Selon la coutume les défunts devait être enterré pour permettre à l’âme de rejoindre les mers ancestrales et d’y demeurer en paix parmi ses ancêtres. Personne ne devrait en être privé et un chevalier méritait bien ça. Mais surtout, il devait le faire le plus rapidement possible et sans se faire surprendre par le voisinage. Il jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre de la salle principale qui donnait sur la rue et les maisons du village. Il aperçu, à son grand désarrois, que le soleil dardait déjà ses rayons au travers des épais rideaux nuageux des montagnes. Pas question de faire son office en pleine journée, le risque était trop important. Aëluss décida d’attendre le coucher du soleil.
Il était cependant dans l’obligation de se rendre au village et d’effectuer ses besognes habituelles. Ce qu’il fit. Afficher un sourire aujourd’hui était encore plus difficile. Il se forçait toujours plus ou moins à sourire pour ne pas dévoiler sa tristesse coutumière, mais sa détresse était, ce jour, incommensurable. A chaque rictus naissant sur ses lèvres, la chaleur de ses sentiments tourbillonnait en lui, son cœur se serrait et un flot de larmes menaçait d’exploser. Ses barrières naturelles - bien entrainées - tinrent le coup et il ne tarda pas à rentrer à la ferme.
Les besognes accomplies, il sortit par la porte de derrière pour s’entraîner quelques heures pour évacuer le stress et la fatigue. Le jardin qui lui servait de lieux d’entrainement était une parcelle de terrain équivalent à la superficie de la maison. Il était recouvert d’herbe courte et parsemé de coquelicots, qui poussaient sans y avoir été invité. Ce qui n’enlevait rien à leur beauté. Un hêtre pourpre majestueux trônait au font de la parcelle comme un gardien bienveillant. Bien que sérieusement amoché par les coups d’épée à répétition, il paraissait noble et rassurant. Aëluss avait scié ses premières branches, jusqu’à hauteur d’homme, afin d’avoir un espace dégagé et utilisable. Lorsqu’il eut vidé toutes ses forces, il rentra se laver et se passer des vêtements propres. Il savait que faire comme si de rien n’était l’aiderait à ne pas penser à toute cette tragédie. Le soleil avait presque disparut au delà du mont Tyril lorsqu’il se fut habillé.
Il ne savait pas pourquoi, mais une voix en son fort intérieur, lui soufflait d’avoir confiance en Damir. Il profita donc de la nuit noire pour faire son office. Si le roi ne devait pas trouver le mystérieux objet, il ne fallait pas qu’il apprenne le passage du chevalier dans sa maison. Il prit soin de lui enlever son armure et ses armes, car telle était la coutume et les mit à l’abri. Aëluss prit une pelle et se dirigea à l’arrière de la ferme, là ou personne ne pourrait le voir. Il choisit un emplacement non loin du grand arbre, là où les herbes se faisaient rares et des buissons naissaient. Au prix de labeur, il avait creusé un trou convenable pour le cadavre. Il alla chercher la dépouille et la traina tant bien que mal à l’extérieur de la bâtisse. Il rassembla toutes ses forces pour disposer convenablement l’homme désormais sans armure et reprit la pelle en main. Il lui rendit ce qu’il put d’honneur, car ses connaissances en prières étaient quelque peu restreintes. Il n’avait pas pu finir son éducation religieuse et surtout ne pratiquait jamais. Il était bien trop occupé avec la maison et les entraînements pour penser à la religion.
Cela fait, il retourna mettre de l’ordre dans sa maison et nettoyer un peu afin de ne laisser aucune trace. La crainte commençait à le gagner peu à peu, en se remémorant les propos du chevalier. Tout à coup il se souvint…l’étoffe ! Laissant tomber le balai sur le sol, il se précipita sur le fauteuil, où était demeuré l’objet, délicatement emballé comme on protège un bien fragile et précieux.
Il souffla un bon coup puis ouvrit lentement le paquet redoutant ce qui pouvait s’y trouver. Une chose si importante, qu’il ne devait pas laisser le roi l’obtenir et donc qu’il ne pouvait montrer à personne. C’était trop risqué ! Il réalisa que cela allait probablement lui apporter des ennuis, mais il était trop tard pour reculer. Et une voix dans sa tête le lui confirmait avec insistance.
Il ôta le dernier pli de tissu et découvrit avec sublimation un magnifique collier en or – un croissant de lune accroché à ses extrémités par deux chaînettes. En son centre était serti un magnifique diamant rose d’environ deux centimètres de diamètre, entourée de symboles runiques, lui donnant un aspect mystérieux et magique. Quatre rubis étaient alignés de chaque côté de celui-ci. Que pouvait bien représenter un tel objet pour le roi. Il devait en avoir des dizaines au moins, de même valeur, ou même plus magnifique encore ? Aëluss ne pu trouver une réponse convenable à cette question. Il referma soigneusement le tissu. Il y reviendrait plus tard, lorsque toute cette histoire ce sera ordonnée dans son esprit. Il cacha le bijou dans un endroit sûr et reprit le balai afin de finir sa tâche.
Il nourrissait depuis toujours l’espoir de pouvoir devenir un grand chevalier, en mémoire de son père qui fût connu dans tout le royaume pour ses hauts faits d’arme. C’était l’un des plus grands chevaliers du bon roi Gorlan, à qui succéda Arcalon. Mais il ne le pourrait probablement jamais, et les évènements récents n’allaient pas arranger les choses.
. Les jours passèrent et bien qu’Aëluss se sente en sécurité dans sa ville natale, il ne cessait pas de repenser au soir de la mort de Damir. Les images et le discours de celui-ci repassaient en boucle dans sa tête dès qu’il fermait les yeux. Il redoutait la venue d’hommes du roi, qui interrogeraient les habitants sur un homme en armure. Il ne savait pas si quelqu’un d’autre que lui l’avait vu ou même seulement aperçu ce soir là.
Dès lors, il projeta d’aller à la pêche aux informations. Passer plus de temps à la taverne de M. Divotna, « L’araignée » était le meilleur moyen pour recueillir des informations et des ragots sur tout ce qui se passe dans la ville ou le royaume. Mais ces jours-ci, rien d’intéressant. Seul fait marquant : la fuite des animaux de compagnies du village. Récemment, certains avaient filés en direction du sud comme apeuré par quelque chose. D’ailleurs les animaux se montraient de plus en plus inquiets et sur le qui-vive ces temps-ci. Peut être sentaient ils quelque chose que seuls leurs sens développés leurs permettaient de distinguer.
Quand il n’était pas à la taverne, Aëluss continuait son entraînement à l’épée, ou ses taches quotidiennes. Il avait même redoublé d’efforts, gagnant en rapidité et en précision. Il pensait que s’il devait un jour fuir et affronter un homme de main du roi, il était dans son intérêt de savoir se défendre correctement. Il lui fallait donc être bien préparé, même s’il ne souhaitait pas se battre contre quiconque et ferait son possible pour éviter que cela n’arrive. En tout cas une chose était sûre, si un homme venait à s’en prendre à lui, il serait bien accueilli !
Depuis ces évènements, un désir commençait à le consumer. Pour le moment il n’était pas plus grand que la flamme d’une bougie, mais il le sentait grandir et se fortifier en lui jours après jour. Il sentait que bientôt il pourrait l’assouvir. Partir de ce village et découvrir de nouvelles villes, de nouvelles personnes et de nouveaux paysages. Trouver « Sir Minëal ». Mais comment être sûr des dires de Damir. Quel homme mystérieux pouvait bien être ce chevalier ? Peut-être connaissait-il le fin mot de toute cette histoire ? Qui avait assassiné ses parents ? Ces interrogations lui donnaient encore plus envie de le retrouver.
En attendant, Aëluss restait à l’affût de la moindre information. Il était néanmoins sûr d’une chose : par chance personne n’avait vu le chevalier noir lorsqu’il s’était présenté à sa porte. Dans le cas contraire les conversations en auraient été alimentées pendant des jours. Inventant des histoires invraisemblables pour expliquer sa présence, les paysans s’en seraient délectés.
Un mois environ après le décès du chevalier, Aëluss alla, comme à son habitude depuis, à la taverne. Il s’assit à une table et écouta les conversations alentour afin d’obtenir des informations concernant le roi et ses activités. Il avait acquis, dans cet exercice, la faculté de pourvoir suivre plusieurs récits en même temps.
Ce jour là, à son grand étonnement, il entendit au milieu du brouhaha habituel, une bribe de conversation fort intéressante. Il sentit son cœur remonter dans sa poitrine et ses battements résonner dans sa tête. Il prit une profonde respiration pour dissiper la boule qui s’était formée dans sa gorge et projeta de se rapprocher de la table d’où provenait la discussion. Le bruit ambiant lui cachait la plupart des phrases et il désirait connaître plus de détails. Par chance elle était située à proximité du comptoir. Il se leva et alla commander un rafraîchissement qu’il fit mine de consommer sur un tabouret du bar. Son esprit était tout entier tourné vers la table voisine et les discours qui s’y tenaient.
C’était Genwick et Lonon qui conversait avec un homme, à première vue étranger au village, car Aëluss ne le connaissait pas et ne l’avait jamais vu auparavant.
- … Mais, tu sais pourquoi ? En prononçant ces mots Lonon eut un mélange de crainte et d’étonnement dans la voix et le regard.
- Pas vraiment, mais pour qu’il l’envoie, lui ! C’est que ce doit être assez important…et officieux ! Si tu vois c’que j’veux dire ?
- Il vient seul ? Non, sûrement avec des hommes ?
- Et bien apparemment non ! Mon cousin m’a dit que le roi lui avait ordonné de s’y rendre seul. Tu sais Farsil, il est garde royal là bas. Bref, il a entendu toute leur conversation. En revanche, ils n’ont pas évoqué le but de sa venue ici, alors…
Genwick, qui n’avait prononcé aucun mot jusque là, les coupa brusquement.
- Vous devriez quand même baisser d’un ton, ça n’a pas l’air de quelque chose à crier sur tout les toits !
- Tu as raison mon ami, repris l’étranger. Mieux vaut ne pas trop ébruiter la chose.
- Allons chez moi ! On pourra finir cette discussion tranquillement. En plus j’ai un vieil alcool à vous faire goûter, vous m’en direz des nouvelles.
Sur ce, ils se levèrent, allèrent payer leurs consommations et quittèrent la taverne sans autre forme de procès. Mais peu importait à Aëluss d’entendre la fin de cette conversation, il en avait assez entendu.
Le jour était venu et Damir ne lui avait pas menti. Le jeune homme courait un réel danger désormais. Il le sentait dans ses tripes et une fois de plus, une voix intérieure le lui confirmait. Il décida de rentrer chez lui en vitesse et de rassembler sur le champ les affaires indispensables à un voyage.
En une heure, il avait établi un bagage satisfaisant. Toutes ses économies, des vêtements, des provisions pour plusieurs jours et un sac de couchage, qu’il fourra dans son sac à dos. Il récupéra aussi quelques objets utiles à un campement. Aëluss récupéra la ceinture du chevalier noir qu’il s’attacha autour de la taille. Il y disposa le fourreau, l’épée de son père ainsi qu’une dague. Il ne pourrait fermer l’œil et il décida donc de partir en pleine nuit lorsque tout serait calme.
Après trois heures de patience, qui lui parurent interminable, il n’aperçu plus une âme à l’horizon. Les nuits étant assez fraîches à cette époque de l’année, il enfila un manteau. Son paquetage sur le dos, il se risqua à pointer le nez à l’extérieur de la maison. Il tendit l’oreille. Parfait, personne dehors. Il longea l’allée centrale menant au portillon et l’ouvrit avec délicatesse, se félicitant de l’avoir récemment huilé. Il le referma et jeta un regard rempli de tristesse sur la ferme où il avait grandit et que lui avaient léguée ses parents. Un étrange sentiment le fit frissonner : « Et si c’était la dernière fois que je la voyais ». Une larme se fraya un chemin hors de son œil et il l’essuya d’un revers de manche.
Après s’être juré de revenir dans cette maison dès que faire se pourra il fit volte-face et avança droit devant lui sans se retourner. Il bifurqua à gauche à la première intersection afin de rester dans l’ombre. Il atteignit bientôt l’orée du village, sans encombre, à son grand soulagement.
Dernière édition par Erùvë le 19 Nov 2008, 19:55, édité 1 fois.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede cambeste le 19 Nov 2008, 15:59

Erùvë a écrit:Chap.III L’étoffe de soie


Son père... sa mère... une ombre menaçante... du sang !
A son réveil Aëluss ne réalisa pas tout de suite ce qui s’était passé la veille. Il tourna la tête vers Damir et le regarda un moment. Tout à coup il s’aperçut d’une chose, le chevalier ne respirait plus. Il se leva d’un bond et plaqua ses doigts sur son cou. Rien.
Une rage immense l’inonda comme une vague libérée par la destruction d’un barrage. Un hurlement s’extirpa de sa bouche et il se laissa retomber dans le fauteuil. Jetant un regard vers le défunt, il vit quelque chose sur l’accoudoir. Il constata la présence du carnet et de l’étoffe de soie. Il saisit le carnet et lu l’écriture hâtive et saccadée de son ami.

« Pardonne-moi de ne pas pouvoir t’accompagner dans les épreuves qui t’attendent. L’objet que je te confis est extrêmement précieux et il te faudra le protéger à toux prix. Ne laisse en aucun cas le roi s’en emparer ! Je te conseille de quitter la ville car cela va devenir dangereux ici pour toi. Va vers l’est et trouve Sir Minëal. Il était un grand ami de ton père et moi, il répondra à tes questions et t’aidera. Personne ne doit apprendre ma venue ici, car cela te mettrait encore plus en danger.
Bon courage mon jeune ami, je pars soulagé de savoir que je vais rejoindre tes parents qui auraient été fiers de toi !

Ton ami, Damir »

Des larmes perlèrent sur ses joues tandis qu’il glissait le petit cahier dans sa poche de pantalon. Il espéra un moment se réveiller une seconde fois. Mais non. Le corps était bien là et le sang sur ses mains aussi. Le jeune homme n’eut aucune réaction pendant de longues minutes. Les yeux dans le vague, il ne parvenait à bouger aucun membre de son corps . Il laissa son esprit aller à la dérive dans son subconscient pour se frotter à ses souvenirs les plus profond et enfouis. Il ne chercha pas longtemps cependant et l’image de ses parents l’enveloppa. Il repensa aux moments passés en leur compagnie et tout ce qu’il avait dû endurer depuis. Ils lui manquaient cruellement. Des larmes glacées coulèrent à nouveau le long de ses joues chauffées à blanc par les émotions. Cette sensation le surprit et l’extirpa de son dédale de chagrin, le ramenant à la dure réalité.

Lorsqu’il eut enfin reprit ses esprits, il décida de s’occuper du corps et de lui donner une sépulture descente. Selon la coutume les défunts devait être enterrés pour permettre à l’âme de rejoindre les mers ancestrales et d’y demeurer en paix parmi ses ancêtres. Personne ne devrait en être privé et un chevalier méritait bien ça. Mais surtout, il devait le faire le plus rapidement possible et sans se faire surprendre par le voisinage. Il jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre de la salle principale qui donnait sur la rue et les maisons du village. Il aperçut, à son grand désarrois, que le soleil dardait déjà à travers les épais rideaux nuageux des montagnes. Pas question de faire son office en pleine journée, le risque était trop important. Aëluss décida d’attendre le coucher du soleil.

Il était cependant dans l’obligation de se rendre au village et d’effectuer ses besognes habituelles. Ce qu’il fit. Afficher un sourire aujourd’hui était encore plus difficile. Il se forçait toujours plus ou moins à sourire pour ne pas dévoiler sa tristesse coutumière, mais sa détresse était, ce jour, incommensurable. À chaque rictus naissant sur ses lèvres, la chaleur de ses sentiments tourbillonnait en lui, son cœur se serrait et un flot de larmes menaçaient d’exploser. Ses barrières naturelles, bien entrainées, tinrent le coup et il ne tarda pas à rentrer à la ferme.

Les besognes accomplies, il sortit par la porte de derrière pour s’entraî, ner quelques heures pour évacuer le stress et la fatigue. Le jardin qui lui servait de lieux d’entrainement était une parcelle de terrain équivalent à la superficie de la maison. Il était recouvert d’herbe courte et parsemé de coquelicots, qui poussaient sans y avoir été invités. Ce qui n’enlevait rien à leur beauté. Un hêtre pourpre majestueux trônait au font de la parcelle comme un gardien bienveillant. Bien que sérieusement amoché par les coups d’épée à répétition, il paraissait noble et rassurant. Aëluss avait scié ses premières branches, jusqu’à hauteur d’homme, afin d’avoir un espace dégagé et utilisable. Lorsqu’il eut vidé toutes ses forces, il rentra se laver et se passer des vêtements propres. Il savait que faire comme si de rien n’était, l’aiderait à ne pas penser à toute cette tragédie. Le soleil avait presque disparu au-delà du mont Tyril lorsqu’il se fut habillé.

Il ne savait pas pourquoi, mais une voix en son fort intérieur, lui soufflait d’avoir confiance en Damir. Il profita donc de la nuit noire pour faire son office. Si le roi ne devait pas trouver le mystérieux objet, il ne fallait pas qu’il apprenne le passage du chevalier dans sa maison. Il prit soin de lui enlever son armure et ses armes, car telle était la coutume b]et[/b] les mit à l’abri. Aëluss prit une pelle et se dirigea à l’arrière de la ferme, là où personne ne pourrait le voir. Il choisit un emplacement non loin du grand arbre, où les herbes se faisaient rares et des buissons naissaient. Au prix de labeur, il avait creusé un trou convenable pour le cadavre. Il alla chercher la dépouille et la traîna tant bien que mal à l’extérieur de la bâtisse. Il rassembla toutes ses forces pour disposer convenablement l’homme désormais sans armure et reprit la pelle en main. Il lui rendit ce qu’il put d’honneur, car ses connaissances en prières étaient quelque peu restreintes. Il n’avait pas pu finir son éducation religieuse et surtout ne pratiquait jamais. Il était bien trop occupé avec la maison et les entraînements pour penser à la religion.

Cela fait, il retourna mettre de l’ordre dans sa maison et nettoyer un peu afin de ne laisser aucune trace. La crainte commençait à le gagner peu à peu, en se remémorant les propos du chevalier. Tout à coup il se souvint… l’étoffe ! Laissant tomber le balai sur le sol, il se précipita sur le fauteuil, où était demeuré l’objet, délicatement emballé comme on protège un bien fragile et précieux.

Il souffla un bon coup puis ouvrit lentement le paquet redoutant ce qui pouvait s’y trouver. Une chose si importante, qu’il ne devait pas laisser le roi l’obtenir et donc qu’il ne pouvait montrer à personne. C’était trop risqué ! Il réalisa que cela allait probablement lui apporter des ennuis, mais il était trop tard pour reculer. Et une voix dans sa tête le lui confirmait avec insistance.

Il ôta le dernier pli de tissu et découvrit avec sublimation un magnifique collier en or, un croissant de lune porté à ses extrémités par deux chnettes. En son centre était serti un magnifique diamant rose d’environ deux centimètres de diamètre, entouré de symboles runiques, lui donnant un aspect mystérieux et magique. Quatre rubis étaient alignés de chaque côs de celui-ci. La pierre centrale était. Que pouvait bien représenter un tel objet pour le roi. Il devait en avoir des dizaines au moins, de même valeur, ou même plus magnifique encore ? Aëluss ne put trouver une réponse convenable à cette question. Il referma soigneusement le tissu. Il y reviendrait plus tard, lorsque toute cette histoire ce sera ordonnée dans son esprit. Il cacha le bijou dans un endroit sûr et reprit le balai afin de finir sa tâche.

Il nourrissait depuis toujours l’espoir de pouvoir devenir un grand chevalier, en mémoire de son père qui fût connu dans tout le royaume pour ses hauts faits d’arme. C’était l’un des plus grands chevaliers du bon roi Gorlan, à qui succéda Arcalon. Mais il ne le pourrait probablement jamais, et les évènements récents n’allaient pas arranger les choses.

Les jours passèrent et bien qu’Aëluss se sente en sécurité dans sa ville natale, il ne cessait pas de repenser au soir de la mort de Damir. Les images et le discours de celui-ci repassaient en boucle dans sa tête dès qu’il fermait les yeux. Il redoutait la venue d’hommes du roi, qui interrogeraient les habitants sur un homme en armure. Il ne savait pas si quelqu’un d’autre que lui l’avait vu ou même seulement aperçu ce soir-là.

Dès lors, il projeta d’aller à la pêche aux informations. Passer plus de temps à la taverne de M. Divotna, « L’araignée », était le meilleur moyen pour recueillir des informations et des ragots sur tout ce qui se passe dans la ville ou le royaume. Mais ces jours-ci, rien d’intéressant. Seul fait marquant : la fuite des animaux de compagnie du village. Récemment, certains avaient filés en direction du sud comme apeuréé par quelque chose. D’ailleurs les animaux se montraient de plus en plus inquiets et sur le qui-vive ces temps-ci. Peut être sentaient ils quelque chose que seuls leurs sens développés leurs permettaient de distinguer.

Quand il n’était pas à la taverne, Aëluss continuait son entraînement à l’épée, ou ses taches quotidiennes. Il avait même redoublé d’efforts, gagnant en rapidité et en précision. Il pensait que s’il devait un jour fuir et affronter un homme de main du roi, il était dans son intérêt de savoir se défendre correctement. Il lui fallait donc être bien préparé, même s’il ne souhaitait pas se battre contre quiconque et ferait son possible pour éviter que cela n’arrive. En tout cas une chose était sûre, si un homme venait à s’en prendre à lui, il serait bien accueilli !

Depuis ces évènements, un désir commençait à le consumer. Pour le moment il n’était pas plus grand que la flamme d’une bougie, mais il le sentait grandir et se fortifier en lui jour après jour. Il sentait que bientôt il pourrait l’assouvir. Partir de ce village et découvrir de nouvelles villes, de nouvelles personnes et de nouveaux paysages. Trouver « Sir Minëal ». Mais comment être sûr des dires de Damir. Quel homme mystérieux pouvait bien être ce chevalier ? Peut-être connaissait-il le fin mot de toute cette histoire ? Qui avait assassiné ses parents ? Ces interrogations lui donnaient encore plus envie de le retrouver.

En attendant, Aëluss restait à l’affût de la moindre information. Il était néanmoins sûr d’une chose : par chance personne n’avait vu le chevalier noir lorsqu’il s’était présenté à sa porte. Dans le cas contraire les conversations en auraient été alimentées pendant des jours. Inventant des histoires invraisemblables pour expliquer sa présence, les paysans s’en seraient délectés.

Un mois environ après le décès du chevalier, Aëluss alla, comme à son habitude depuis, à la taverne. Il s’assit à une table et écouta les conversations alentour afin d’obtenir des informations concernant le roi et ses activités. Il avait acquis, dans cet exercice, la faculté de pourvoir suivre plusieurs récits en même temps.
Ce jour-là, à son grand étonnement, il entendit au milieu du brouhaha habituel, une bribe de conversation fort intéressante. Il sentit son cœur remonter dans sa poitrine, ses battements résonnant dans sa tête. Il prit une profonde respiration pour dissiper la boule qui s’était formée dans sa gorge et projeta de se rapprocher de la table d’où provenait la discussion. Le bruit ambiant lui cachait la plupart des phrases et il désirait connaître plus de détails. Par chance elle était située à proximité du comptoir. Il se leva et alla commander un rafraîchissement qu’il fit mine de consommer sur un tabouret du bar. Son esprit était tout entier tourné vers la table voisine et les discours qui s’y tenaient.

C’était Genwick et Lonon qui conversait avec un homme, à première vue, étranger au village, car Aëluss ne le connaissait pas et ne l’avait jamais vu auparavant.
- … Mais, tu sais pourquoi ? En prononçant ces mots Lonon eut un mélange de crainte et d’étonnement dans la voix et le regard.
- Pas vraiment, mais pour qu’il l’envoie, lui ! C’est que ce doit être assez important.. . et officieux ! Si tu vois c’que j’veux dire ?
- Il vient seul ? Non, sûrement avec des hommes ?
- Et bien apparemment non ! Mon cousin m’a dit que le roi lui avait ordonné de s’y rendre seul. Tu sais Farsil, il est garde royal là-bas. Bref, il a entendu toute leur conversation. En revanche, ils n’ont pas évoqué le but de sa venue ici, alors…
Genwick, qui n’avait prononcé aucun mot jusque là, les coupa brusquement.
- Vous devriez quand même baisser d’un ton, ça n’a pas l’air de quelque chose à crier sur tous les toits !
- Tu as raison mon ami, repris l’étranger. Mieux vaut, ne pas trop ébruiter la chose.
- Allons chez moi ! On pourra finir cette discussion tranquillement. En plus j’ai un vieil alcool à vous faire goûter, vous m’en direz des nouvelles.

Sur ce, ils se levèrent, allèrent payer leurs consommations et quittèrent la taverne sans autre forme de procès. Mais peu importait à Aëluss d’entendre la fin de cette conversation, il en avait assez entendu.
Le jour était venu et Damir ne lui avait pas menti. Le jeune homme courait un réel danger désormais. Il le sentait dans ses tripes et une fois de plus, une voix intérieure le lui confirmait. Il décida de rentrer chez lui en vitesse et de rassembler sur le champ les affaires indispensables à un voyage.
En une heure, il avait établi un bagage satisfaisant. Toutes ses économies, des vêtements, des provisions pour plusieurs jours et un sac de couchage, qu’il fourra dans son sac à dos. Il récupéra aussi quelques objets utiles à un campement. Aëluss récupéra la ceinture du chevalier noir qu’il s’attacha autour de la taille. Il y disposa le fourreau, l’épée de son père ainsi qu’une dague. Il décida de partir en pleine nuit – il n’aurait pas pu fermer l’œil de toute façon - et d’attendre que tout soit calme.

Après trois heures de patience, qui lui parurent interminable, il n’aperçut plus une âme à l’horizon. Il enfila un manteau - les nuits étant assez fraiches à cette époque de l’année - son paquetage sur le dos et se risqua à pointer le nez à l’extérieur de la maison. Il tendit l’oreille. Parfait, personne dehors. Il longea l’allée centrale menant au portillon et l’ouvrit avec délicatesse, se félicitant de l’avoir récemment huilée. Il le referma et jeta un regard rempli de tristesse sur la ferme où il avait grandi et que lui avaient léguée ses parents. Un étrange sentiment le fit frissonner : « Et si c’était la dernière fois que je la voyais ». Une larme se fraya un chemin hors de son œil et il l’essuya d’un revers de manche.
Après s’être juré de revenir dans cette maison dès que faire se pourra il fit volte-face et avança droit devant lui sans se retourner. Il bifurqua à gauche à la première intersection afin de rester dans l’ombre. Il atteignit bientôt l’orée du village, sans encombre, à son grand soulagement.


il ne parvenait à bouger aucun membre de son corps : à vérifier au niveau de la négation, j’ai cherché, et je n’ai pas trouvé. Normalement Ne implique PAS ou PLUS, si ici on met PAS, la construction de ta phrase n’est plus bonne. Je ne sais pas si AUCUN peut remplacer le PAS

pour se frotter à ses souvenirs les plus profond et enfouis : pour se frotter à ses souvenirs les plus profondément enfouis.
Cette forme de construction me semble plus adaptée.

que le soleil dardait déjà à travers les épais rideaux nuageux des montagnes : ne dit-on pas DARDAIT SES RAYONS ???

Le soleil avait presque disparut au delà du mont Tyril lorsqu’il se fut habillé : je ne sais pas s’il n’est pas préférable de dire LE SOLEIL ÉTAIT PRESQUE DISPARU…

un croissant de lune porté à ses extrémités par deux chaînettes : porté me gêne, ACCROCHÉ À SES EXTRÉMITÉS peut-être ou autre chose propre à la joaillerie.

La pierre centrale était : il semblerait que ta phrase ne soit pas finie

Il sentit son cœur remonter dans sa poitrine, ses battements résonnant dans sa tête : je pense qu’il y a là un problème de construction, envisage de tourner ta phrase autrement.

Il décida de partir en pleine nuit – il n’aurait pas pu fermer l’œil de toute façon - et d’attendre que tout soit calme. : il ne pourrait fermer l’œil de la nuit, il décida de partir en pleine nuit lorsque tout serait calme.
Quelque chose dans ce style serait moins lourd.

Il enfila un manteau - les nuits étant assez fraiches à cette époque de l’année - son paquetage sur le dos et se risqua à pointer le nez à l’extérieur de la maison.
Par exemples tu peux mettre : Les nuits étant assez fraîches à cette époque de l’année, il enfila un manteau. Son paquetage sur le dos, il se risqua à pointer le nez à l’extérieur de la maison.

Ce que tu mets entre - - casse tout le cheminement de ta phrase et la rend encore plus lourde.
À éviter donc, et pas seulement dans cette phrase, tu en uses un peu trop.


En conclusion :
Avant de poster un nouveau chapitre, peux-tu vérifier l’orthographe ? Corriger est une chose simple lorsqu’on le fait avec un stylo seul, ici ça se complique d’autant plus lorsqu’il faut mettre en avant les fautes par des couleurs.
De plus, à force de corrections, je n’arrive plus à prendre en compte ton texte même, ton récit.
Tes fautes sont souvent répétitives, comme il te faudra les intégrer, tente de les mettre en application dans ce que tu posteras en suite, tes deux points les plus faibles :
- toujours la ,(vigule) en trop avant les ET
- tes conjugaisons de verbes, ex. : il prit, il aperçut
je ne vais pas tout énumérer, je te donnes l’adresse d’un très bon site qui t’aidera certainement mieux que moi je ne pourrais le faire :
http://www.leconjugueur.com/
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Re: La Clef des Alcants

Messagede Erùvë le 19 Nov 2008, 19:49

merci infiniment de tout ce temps que tu me consacre!! et pardonne-moi pour ces fautes répétitives!! :oops:
J'ai tout corrigé et je tacherais au mieux corriger par moi même à l'avenir...
merci encore ! :)
à bientôt
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Re: La Clef des Alcants

Messagede cambeste le 05 Déc 2008, 22:31

Une personne, qui apparemment n'a pas apprécié de découvrir l'existence de e-crivons.org, s'est permis de copier certains de mes commentaires pour les reporter sur SON forum (je ne vous reporterai pas l'histoire de l'existence de SON forum..... se serait jouer son jeu et je ne suis pas de ceux là).
Toujours est-il que sa mesquinerie aura vallu une franche rigolade au dépend de l'auteur de ces extraits offerts, en l'occurence Erùvë.

Aussi, je tiens à m'excuser auprès de toi Erùvë, mes corrections sur tes extraits ne visait pas la raillerie d'autrui.
Corriger, pour moi, c'est tenter d'apporter quelque chose à l'autre.
Comme je l'ai indiqué, je ne suis pas une pro de l'écriture, mais je pense m'en tirer pas trop mal sur beaucoup de règles de base. J'ai peut-être commis l'erreur de vouloir t'être utile tout autant qu'à ceux qui seraient amenés à te lire.

Aussi, dorénavant, les corrections ne seront plus apportées sur le forum même, toute personne intervenant de ses mots, recevra par message privé ou par email, s'il y a lieu d'être, une correction au plus près de que je serai capable d'amener.

Les auteurs seront priés de faire le nécessaire pour corriger leur propre texte afin que les fautes ne restent pas apparentes, la fonction EDIT sur les messages est prévue à cet effet.

Ainsi, nous éviterons peut-être de nous retrouver par hasard sur d'autres pages de la toile, confrontés à la mesquinerie et à la raillerie.

Encore 1000 excuses à Erùvë pour cet affront qu'il a du subir par ma faute.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede Davidartiste le 07 Déc 2008, 02:58

Salut !

Tout d'abord dsl à Eruve, j'ai trop de travail pour te lire pour l'instant :roll: mais à l'occasion je prendrai le temps ! Je voulais juste donner mon opinion sur la correction des fautes en publique : ça n'a rien d'humiliant, quand on écrit beaucoup, même avec grand soin, un bon écrivain tournera en moyenne a 1 ou 2 fautes tous les 300 mots (du moins je tourne dans ces eaux là et de parole d'éditeur c'est honorable). C'est normal, il faut l'accepter. Ce n'est que lors d'une relecture vraiment assidue qu'on est capable de relever les fautes qui nous sont les plus naturelles (celles qui reviennent souvent :p).

Il ne faut pas rougir de ses fautes, tant qu'elles sont assez rares et qu'on ne tombe pas dans la grossièreté : "j'écrie comme un pié".

Ensuite, pour notre administratrice en or, je me permets un conseil :
Ne fais pas ton forum suivant les réactions et les attaques de l'autre endouille ( :arrow: j'aurais peut-être dû modérer mes propos faute d'avoir assez d'éléments pour juger :cry: mais je pense dans tous les cas qu'il faut se détacher de cette histoire et s'ignorer), il cherche à te nuire et y arrive doublement : 1) tu es touchée par sa bassesse - et je sais combien il est dur de ne pas l'être, qd qq1 a vraiment très envie d'être méchant ça fait souvent mouche, 2) tu changes ta philosophie sur ce forum pour éviter les railleries, au risque d'amoindrir la qualité et le ton de ton nouveau bébé. Libère toi de tes détracteurs, ça en vaut la peine pour toi et pour ce forum !

Mais il est vrai que corriger par mp ça clarifierait sans doute les textes proposés par les internautes, à mon avis ;)

Et encore une fois, Eruve, pardon de ne pas avoir prêté plus attention à ton texte, j'essaierai de le faire prochainement !

PS : la règle du ", et" me semble incomprise :mrgreen:

Au hasard, le Seigneur des Anneaux, Tome 2 : "Sylvebarbe se tint un moment sous la pluie de la source, et il respira profondément ; puis il rit et passa à l'intérieur."

Le ", et" indique que les deux idées ne s'enchaînent pas tout à fait. Sylvebarbe ne passe pas un moment sous la pluie tout en respirant profondément, il reste d'abord un moment sous la pluie, PUIS il respire profondément. De là vient la virgule avant le ET. On pourrait se passer de la virgule à priori, tout comme on peut la mettre car elle correspond à l'enchaînement des idées. Mais en effet, pour d'autres cas, ce serait nuisible voir erroné de la laisser.

Exemple : "Sylvebarbe se tenait sous la pluie et respirait profondément."
Mettre une virgule avant le ET dans ce cas rendrait la phrase bancale.
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Re: La Clef des Alcants

Messagede Erùvë le 07 Déc 2008, 22:10

Merci de ces conseils...je tâcherais de les suivre... ;)
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