Merci encore pour les corrections!!
j'ai effectivement un problème avec les virgules avant les "et"!
Je met le chapitre suivant...à bientôt
Chap.III L’étoffe de soie Son père…sa mère…une ombre menaçante…du sang !
A son réveil Aëluss ne réalisa pas tout de suite ce qui s’était passé la veille. Il tourna la tête vers Damir et le regarda un moment. Tout à coup il s’aperçu d’une chose, le chevalier ne respirait plus. Il se leva d’un bond et plaqua ses doigts sur son cou. Rien.
Une rage immense l’inonda comme une vague libéré par la destruction d’un barrage. Un hurlement s’extirpa de sa bouche et il se laissa retomber dans le fauteuil. Jetant un regard vers le défunt, il vit quelque chose sur l’accoudoir. Il constata la présence du carnet et de l’étoffe de soie. Il saisi le carnet et lu l’écriture hâtive et saccadée de son ami.
« Pardonne-moi de ne pas pouvoir t’accompagner dans les épreuves qui t’attendent. L’objet que je te confis est extrêmement précieux et il te faudra le protéger à toux prix. Ne laisse en aucun cas le roi s’en emparer ! Je te conseille de quitter la ville car cela va devenir dangereux ici pour toi. Va vers l’est et trouve Sir Minëal. Il était un grand ami de ton père et moi, il répondra à tes questions et t’aidera. Personne ne doit apprendre ma venue ici car cela te mettrait encore plus en danger.
Bon courage mon jeune ami, je pars soulagé de savoir que je vais rejoindre tes parents qui auraient été fier de toi !
Ton ami, Damir »
Des larmes perlèrent sur ses joues tandis qu’il glissait le petit cahier dans sa poche de pantalon. Il espéra un moment se réveiller une seconde fois. Mais non. Le corps était bien là et le sang sur ses main aussi. Le jeune homme n’eut aucune réaction pendant de longues minutes. Les yeux dans le vague, il ne parvenait à bouger aucun membre de son corps. Il laissa son esprit aller à la dérive dans son subconscient pour se frotter à ses souvenirs les plus profondément enfouis. Il ne chercha pas longtemps cependant et l’image de ses parents l’enveloppa. Il repensa aux moments passés en leur compagnie et tout ce qu’il avait dû endurer depuis. Ils lui manquaient cruellement. Des larmes glacées coulèrent à nouveau le long de ses joues chauffées à blanc par les émotions. Cette sensation le surprit et l’extirpa de son dédale de chagrin, le ramenant à la dure réalité.
Lorsqu’il eu enfin reprit ses esprits, il décida de s’occuper du corps et de lui donner une sépulture descente. Selon la coutume les défunts devait être enterré pour permettre à l’âme de rejoindre les mers ancestrales et d’y demeurer en paix parmi ses ancêtres. Personne ne devrait en être privé et un chevalier méritait bien ça. Mais surtout, il devait le faire le plus rapidement possible et sans se faire surprendre par le voisinage. Il jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre de la salle principale qui donnait sur la rue et les maisons du village. Il aperçu, à son grand désarrois, que le soleil dardait déjà ses rayons au travers des épais rideaux nuageux des montagnes. Pas question de faire son office en pleine journée, le risque était trop important. Aëluss décida d’attendre le coucher du soleil.
Il était cependant dans l’obligation de se rendre au village et d’effectuer ses besognes habituelles. Ce qu’il fit. Afficher un sourire aujourd’hui était encore plus difficile. Il se forçait toujours plus ou moins à sourire pour ne pas dévoiler sa tristesse coutumière, mais sa détresse était, ce jour, incommensurable. A chaque rictus naissant sur ses lèvres, la chaleur de ses sentiments tourbillonnait en lui, son cœur se serrait et un flot de larmes menaçait d’exploser. Ses barrières naturelles - bien entrainées - tinrent le coup et il ne tarda pas à rentrer à la ferme.
Les besognes accomplies, il sortit par la porte de derrière pour s’entraîner quelques heures pour évacuer le stress et la fatigue. Le jardin qui lui servait de lieux d’entrainement était une parcelle de terrain équivalent à la superficie de la maison. Il était recouvert d’herbe courte et parsemé de coquelicots, qui poussaient sans y avoir été invité. Ce qui n’enlevait rien à leur beauté. Un hêtre pourpre majestueux trônait au font de la parcelle comme un gardien bienveillant. Bien que sérieusement amoché par les coups d’épée à répétition, il paraissait noble et rassurant. Aëluss avait scié ses premières branches, jusqu’à hauteur d’homme, afin d’avoir un espace dégagé et utilisable. Lorsqu’il eut vidé toutes ses forces, il rentra se laver et se passer des vêtements propres. Il savait que faire comme si de rien n’était l’aiderait à ne pas penser à toute cette tragédie. Le soleil avait presque disparut au delà du mont Tyril lorsqu’il se fut habillé.
Il ne savait pas pourquoi, mais une voix en son fort intérieur, lui soufflait d’avoir confiance en Damir. Il profita donc de la nuit noire pour faire son office. Si le roi ne devait pas trouver le mystérieux objet, il ne fallait pas qu’il apprenne le passage du chevalier dans sa maison. Il prit soin de lui enlever son armure et ses armes, car telle était la coutume et les mit à l’abri. Aëluss prit une pelle et se dirigea à l’arrière de la ferme, là ou personne ne pourrait le voir. Il choisit un emplacement non loin du grand arbre, là où les herbes se faisaient rares et des buissons naissaient. Au prix de labeur, il avait creusé un trou convenable pour le cadavre. Il alla chercher la dépouille et la traina tant bien que mal à l’extérieur de la bâtisse. Il rassembla toutes ses forces pour disposer convenablement l’homme désormais sans armure et reprit la pelle en main. Il lui rendit ce qu’il put d’honneur, car ses connaissances en prières étaient quelque peu restreintes. Il n’avait pas pu finir son éducation religieuse et surtout ne pratiquait jamais. Il était bien trop occupé avec la maison et les entraînements pour penser à la religion.
Cela fait, il retourna mettre de l’ordre dans sa maison et nettoyer un peu afin de ne laisser aucune trace. La crainte commençait à le gagner peu à peu, en se remémorant les propos du chevalier. Tout à coup il se souvint…l’étoffe ! Laissant tomber le balai sur le sol, il se précipita sur le fauteuil, où était demeuré l’objet, délicatement emballé comme on protège un bien fragile et précieux.
Il souffla un bon coup puis ouvrit lentement le paquet redoutant ce qui pouvait s’y trouver. Une chose si importante, qu’il ne devait pas laisser le roi l’obtenir et donc qu’il ne pouvait montrer à personne. C’était trop risqué ! Il réalisa que cela allait probablement lui apporter des ennuis, mais il était trop tard pour reculer. Et une voix dans sa tête le lui confirmait avec insistance.
Il ôta le dernier pli de tissu et découvrit avec sublimation un magnifique collier en or – un croissant de lune accroché à ses extrémités par deux chaînettes. En son centre était serti un magnifique diamant rose d’environ deux centimètres de diamètre, entourée de symboles runiques, lui donnant un aspect mystérieux et magique. Quatre rubis étaient alignés de chaque côté de celui-ci. Que pouvait bien représenter un tel objet pour le roi. Il devait en avoir des dizaines au moins, de même valeur, ou même plus magnifique encore ? Aëluss ne pu trouver une réponse convenable à cette question. Il referma soigneusement le tissu. Il y reviendrait plus tard, lorsque toute cette histoire ce sera ordonnée dans son esprit. Il cacha le bijou dans un endroit sûr et reprit le balai afin de finir sa tâche.
Il nourrissait depuis toujours l’espoir de pouvoir devenir un grand chevalier, en mémoire de son père qui fût connu dans tout le royaume pour ses hauts faits d’arme. C’était l’un des plus grands chevaliers du bon roi Gorlan, à qui succéda Arcalon. Mais il ne le pourrait probablement jamais, et les évènements récents n’allaient pas arranger les choses.
. Les jours passèrent et bien qu’Aëluss se sente en sécurité dans sa ville natale, il ne cessait pas de repenser au soir de la mort de Damir. Les images et le discours de celui-ci repassaient en boucle dans sa tête dès qu’il fermait les yeux. Il redoutait la venue d’hommes du roi, qui interrogeraient les habitants sur un homme en armure. Il ne savait pas si quelqu’un d’autre que lui l’avait vu ou même seulement aperçu ce soir là.
Dès lors, il projeta d’aller à la pêche aux informations. Passer plus de temps à la taverne de M. Divotna, « L’araignée » était le meilleur moyen pour recueillir des informations et des ragots sur tout ce qui se passe dans la ville ou le royaume. Mais ces jours-ci, rien d’intéressant. Seul fait marquant : la fuite des animaux de compagnies du village. Récemment, certains avaient filés en direction du sud comme apeuré par quelque chose. D’ailleurs les animaux se montraient de plus en plus inquiets et sur le qui-vive ces temps-ci. Peut être sentaient ils quelque chose que seuls leurs sens développés leurs permettaient de distinguer.
Quand il n’était pas à la taverne, Aëluss continuait son entraînement à l’épée, ou ses taches quotidiennes. Il avait même redoublé d’efforts, gagnant en rapidité et en précision. Il pensait que s’il devait un jour fuir et affronter un homme de main du roi, il était dans son intérêt de savoir se défendre correctement. Il lui fallait donc être bien préparé, même s’il ne souhaitait pas se battre contre quiconque et ferait son possible pour éviter que cela n’arrive. En tout cas une chose était sûre, si un homme venait à s’en prendre à lui, il serait bien accueilli !
Depuis ces évènements, un désir commençait à le consumer. Pour le moment il n’était pas plus grand que la flamme d’une bougie, mais il le sentait grandir et se fortifier en lui jours après jour. Il sentait que bientôt il pourrait l’assouvir. Partir de ce village et découvrir de nouvelles villes, de nouvelles personnes et de nouveaux paysages. Trouver « Sir Minëal ». Mais comment être sûr des dires de Damir. Quel homme mystérieux pouvait bien être ce chevalier ? Peut-être connaissait-il le fin mot de toute cette histoire ? Qui avait assassiné ses parents ? Ces interrogations lui donnaient encore plus envie de le retrouver.
En attendant, Aëluss restait à l’affût de la moindre information. Il était néanmoins sûr d’une chose : par chance personne n’avait vu le chevalier noir lorsqu’il s’était présenté à sa porte. Dans le cas contraire les conversations en auraient été alimentées pendant des jours. Inventant des histoires invraisemblables pour expliquer sa présence, les paysans s’en seraient délectés.
Un mois environ après le décès du chevalier, Aëluss alla, comme à son habitude depuis, à la taverne. Il s’assit à une table et écouta les conversations alentour afin d’obtenir des informations concernant le roi et ses activités. Il avait acquis, dans cet exercice, la faculté de pourvoir suivre plusieurs récits en même temps.
Ce jour là, à son grand étonnement, il entendit au milieu du brouhaha habituel, une bribe de conversation fort intéressante. Il sentit son cœur remonter dans sa poitrine et ses battements résonner dans sa tête. Il prit une profonde respiration pour dissiper la boule qui s’était formée dans sa gorge et projeta de se rapprocher de la table d’où provenait la discussion. Le bruit ambiant lui cachait la plupart des phrases et il désirait connaître plus de détails. Par chance elle était située à proximité du comptoir. Il se leva et alla commander un rafraîchissement qu’il fit mine de consommer sur un tabouret du bar. Son esprit était tout entier tourné vers la table voisine et les discours qui s’y tenaient.
C’était Genwick et Lonon qui conversait avec un homme, à première vue étranger au village, car Aëluss ne le connaissait pas et ne l’avait jamais vu auparavant.
- … Mais, tu sais pourquoi ? En prononçant ces mots Lonon eut un mélange de crainte et d’étonnement dans la voix et le regard.
- Pas vraiment, mais pour qu’il l’envoie, lui ! C’est que ce doit être assez important…et officieux ! Si tu vois c’que j’veux dire ?
- Il vient seul ? Non, sûrement avec des hommes ?
- Et bien apparemment non ! Mon cousin m’a dit que le roi lui avait ordonné de s’y rendre seul. Tu sais Farsil, il est garde royal là bas. Bref, il a entendu toute leur conversation. En revanche, ils n’ont pas évoqué le but de sa venue ici, alors…
Genwick, qui n’avait prononcé aucun mot jusque là, les coupa brusquement.
- Vous devriez quand même baisser d’un ton, ça n’a pas l’air de quelque chose à crier sur tout les toits !
- Tu as raison mon ami, repris l’étranger. Mieux vaut ne pas trop ébruiter la chose.
- Allons chez moi ! On pourra finir cette discussion tranquillement. En plus j’ai un vieil alcool à vous faire goûter, vous m’en direz des nouvelles.
Sur ce, ils se levèrent, allèrent payer leurs consommations et quittèrent la taverne sans autre forme de procès. Mais peu importait à Aëluss d’entendre la fin de cette conversation, il en avait assez entendu.
Le jour était venu et Damir ne lui avait pas menti. Le jeune homme courait un réel danger désormais. Il le sentait dans ses tripes et une fois de plus, une voix intérieure le lui confirmait. Il décida de rentrer chez lui en vitesse et de rassembler sur le champ les affaires indispensables à un voyage.
En une heure, il avait établi un bagage satisfaisant. Toutes ses économies, des vêtements, des provisions pour plusieurs jours et un sac de couchage, qu’il fourra dans son sac à dos. Il récupéra aussi quelques objets utiles à un campement. Aëluss récupéra la ceinture du chevalier noir qu’il s’attacha autour de la taille. Il y disposa le fourreau, l’épée de son père ainsi qu’une dague. Il ne pourrait fermer l’œil et il décida donc de partir en pleine nuit lorsque tout serait calme.
Après trois heures de patience, qui lui parurent interminable, il n’aperçu plus une âme à l’horizon. Les nuits étant assez fraîches à cette époque de l’année, il enfila un manteau. Son paquetage sur le dos, il se risqua à pointer le nez à l’extérieur de la maison. Il tendit l’oreille. Parfait, personne dehors. Il longea l’allée centrale menant au portillon et l’ouvrit avec délicatesse, se félicitant de l’avoir récemment huilé. Il le referma et jeta un regard rempli de tristesse sur la ferme où il avait grandit et que lui avaient léguée ses parents. Un étrange sentiment le fit frissonner : « Et si c’était la dernière fois que je la voyais ». Une larme se fraya un chemin hors de son œil et il l’essuya d’un revers de manche.
Après s’être juré de revenir dans cette maison dès que faire se pourra il fit volte-face et avança droit devant lui sans se retourner. Il bifurqua à gauche à la première intersection afin de rester dans l’ombre. Il atteignit bientôt l’orée du village, sans encombre, à son grand soulagement.